Polémique sur l’engagement politique des catholiques italiens (011091)
Rome, 30septembre(APIC) Le parti socialiste italien (PSI) critique la
prise de position de la Conférence des évêques italiens (CEI), à la fin de
la semaine dernière, qui invitait les catholiques italiens à "rester unis
sur le plan politique". Dans une lettre ouverte envoyée à Jean Paul II, le
PSI déclare que "l’appel aux catholiques à choisir un seul parti, à savoir
la démocrartie chrétienne, se trouve en contradiction avec le principe de
la liberté de religion, principe qui se trouve confirmé et par le deuxième
Concile du Vatican et par dans la Constitution italienne".
De sources proches de l’Eglise, on précise que les déclarations faites
en fin de semaine par le cardinal Camillo Ruini, président de la Conférence
épiscopale italienne, ne faisaient pas allusion à la participation des catholiques dans les partis politiques, mais à l’unité nécessaire des membres
de l’Eglise sur des questions fondamentales d’éthique, comme par exemple la
question du divorce, de l’avortement ou de la liberté d’enseignement.
La déclaration socialiste poursuit: "la fin des idéologies ouvre à la
liberté humaine de nouvelles branches de liberté. Il est ’troublant’ de
voir que la question de l’engagement des catholiques dans les partis politiques soit encore discutée en Italie. C’est le dernier pays en Europe où
ce problème est encore posé".
Menace contre le concordat?
Le quotidien de Turin "La Stampa" y va aussi de son commentaire en écrivant lundi: "les socialistes italiens font également référence à l’année
1984 où le concordat entre l’Eglise catholique et l’Etat italien avait été
signé, précisément au moment où le socialiste Bettino Craxi était Premier
ministre. Ils craignent que les paroles de Mgr Ruini ne soient une menace
visant à compromettre l’accord établi entre le Vatican et l’Etat italien".
Le quotidien turinois ajoute: "Le magistère pastoral et social de l’Eglise
doit être estimé comme une grande contribution au bien- être du peuple italien. En revanche, "le désir des évêques qui veulent forcer les catholiques
à entrer dans un seul parti politique", apparait au commentateur du journal
comme "une sérieuse limitation de la liberté de choix pour les citoyens de
religion catholique".
Revenant sur la polémique lancée par les propos du cardinal Ruini, le
secrétaire-général de la Conférence épiscopale italienne, Mgr Dionigi Tettamanzi, a déclaré lundi que l’appel à la cohésion des catholiques ne devait pas être interprêté comme un encouragement à adhérer à un parti politique déterminé. "Nous défendons l’identité des chrétiens. En conséquence
ceux-ci doivent suivre des valeurs sûres".
Une interprétation que ne partage pas le PSI pour lequel la déclaration
de la Conférence épiscopale doit être comprise comme un soutien au parti
démocatre-chrétien. Dans une déclaration faite lundi à la presse, les socialistes disent vouloir pourtant calmer la controverse, mais entendent cependant protester contre toute montée du "cléricalisme".
L’Institut italien d’Etudes politiques, économiques et sociales (ISPES)
a publié mardi un sondage d’opinion sur cette controverse qui traverse toute l’Italie. Il en résulte que 54% des catholiques pratiquants interrogés
sont en faveur du libre choix d’un parti politique. (apic/kna/ba)