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    Philippines: Un prêtre dénonce la connivence entre l’armée et les rebelles d’"Abu Sayyaf"

    Soutien unanime de l’Eglise de Basilan

    Zamboanga, 16 août 2001 (APIC) L’Eglise de Basilan, au sud des Philippines, a apporté son soutien unanime au prêtre catholique qui a dénoncé la connivence entre l’armée philippine et les rebelles musulman du groupe extrémiste "Abu Sayyaf". Dans un communiqué commun, les prêtres de Basilan et Mgr Antonio Ledesma, évêque de la prélature territoriale d’Ipil, se déclarent solidaires du Père Cirilo Nacorda, curé de Lamitan.

    Mgr Dinualdo Gutierrez, évêque de Marbel, président de la Commission épiscopale pour la justice sociale, a déclaré que le Père Nacorda bénéficie du soutien des évêques et des prêtres de Mindanao. L’Eglise de Basilan relève dans son communiqué que le témoignage du Père Nacorda, victime lui-même dans le passé d’un enlèvement, et curé depuis des années à Basilan, "ne peut être écarté sommairement".

    Graves accusations de corruption contre un groupe d’officiers

    Le Père Martin Jumoad, administrateur de la prélature territoriale d’Isabela, chef-lieu de Basilan, a en outre demandé au gouvernement philippin de garantir une protection spéciale au Père Nacorda et aux autres témoins. L’épisode dénoncé par le prêtre désormais menacé s’est déroulé le 2 juin dernier à Lamitan. Les rebelles d’"Abu Sayyaf", entourés de quelques otages capturés auparavant, avaient fait irruption dans l’hôpital "Don José Maria Torres", situé dans un complexe comprenant une église, un presbytère et un couvent de religieuses.

    Les rebelles musulmans, bien qu’encerclés par les forces gouvernementales, étaient parvenus à fuir. Le curé de Lamitan a déclaré publiquement que cinq officiers de l’armée auraient reçu de l’argent pour faciliter l’évasion des extrémistes. Les militaires philippins ont démenti ces graves accusations. La présidente des Philippines, Gloria Macapagal Arroyo, a cependant annoncé qu’une enquête serait diligentée. Le Père Nacorda avait été enlevé en 1994 par une faction du groupe extrémiste "Abu Sayyaf" et retenu prisonnier durant 61 jours avec des dizaines d’autres otages. (apic/misna/cns/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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