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    Philippines: pas de "candidat de l’épiscopat" aux élections présidentielles

    Les évêques ne donnent pas de consigne de vote

    De notre correspondant à Bangkok, Richard Werly

    Manille, 3 février(APIC) Ceux qui s’apprêtaient à voter pour le "candidat

    de l’épiscopat" lors des prochaines élections présidentielles aux Philippines, auront été déçus. Réunis jusqu’à samedi pour leur conférence annuelle

    dans un couvent de Tagatay non loin de Manille, les évêques philippins ont

    en effet refusé de se prêter au jeu et d’apporter leur soutien à une

    personnalité, dans la course à l’élection présidentielle du 11 mai prochain.

    Affirmant dans une lettre pastorale lue dimanche dans toutes les Eglises

    du pays, que "leur rôle n’était pas de dire aux fidèles pour qui ils devaient voter", les évêques philippins ont en revanche clairement exprimé

    leur préférence pour un candidat "compétent, dévoué et intègre". Conscients

    du poids de leur recommandation dans un pays à 80% catholique, les évêques

    de l’archipel se sont par ailleurs félicités "des signes encourageants à

    l’approche des élections. Parmi lesquels figurent: "la mise sur pied de

    centres d’éducation des électeurs créés à l’initiative des paroisses, l’interdiction des armes à feu durant les élections et la formation de mouvements destinés à s’assurer de l’honnêtété du vote."

    La suite du texte, en revanche, sonne comme un avertissement. "Des vents

    diaboliques soufflent contre les mouvements de l’Esprit", affirme notamment

    le texte, dont la lecture publique était très attendue par le personnel politique philippin. Les évêques s’en prennent en particulier "à la persistance de la politique des patronages et à certaines personnalités pleines

    de cynisme et d’apathie." Auxquels s’ajoutent: "l’existence d’armées privées, les campagnes d’intimidation et de rackets menées par la guérilla

    communiste et la pratique très répandue des achats des votes".

    Rien ne devrait changer, à court terme, sur l’échiquier politique philippin où plusieurs candidats sérieux se disputent déjà le leadership. La

    décision de la présidente sortante Cory Aquino de soutenir la candidature

    de l’ancien chef d’Etat major de l’armée, Fidel Ramos n’est pas remise en

    cause. Beaucoup d’observateurs craignaient en effet que l’Eglise catholique

    ne s’oppose à ce dernier, un protestant méthodiste qui fut l’un des principaux instigateurs de la loi martiale sous le régime Marcos. Avant de faire

    défection et de provoquer la chute du dictateur lors de la révolution pacifique de 1986. (apic/rw/mp)

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