Manille, 15février(APIC) La Conférence épiscopale des Philippines - qui
regroupe plus de 100 évêques - a lancé de sévères critiques contre les sectes fondamentalistes et les a accusées de falsifier la doctrine chrétienne.
Dans un document qu’elle vient de rendre public, elle met en garde les
fidèles catholiques philippins (85 % de la population) et leur demande de
n’accepter ni cadeaux ni argent de ces sectes qui cherchent à faire des
adeptes par ce moyen.
D’après des données fournies par les évêques philippins, le nombre des
sectes fondamentalistes est passé de 1’000 à 1’137 depuis 1980. En font
partie les organisations fondées par les "télévangélistes" américains, ainsi que la secte Moon, d’origine coréenne. Cette dernière, bien que n’étant
pas une secte chrétienne au sens propre du terme, tente de se faire passer
pour une Eglise chrétienne ouverte à l’oecuménisme. Selon les informations
fournies par les évêques philippins, les disciples des "télévangélistes"
financent actuellement une vingtaine d’heures de programmes religieux hebdomadaires à la télévision. Selon des informations indépendantes, les sectes fondamentalistes ont connu une croissance fulgurante ces dernières années et ont fait de nombreux adeptes parmi les catholiques : on estime que
ces huit dernières années, près d’un million de catholiques ont rejoint ces
groupes religieux.
Le document ne vise pas les Eglises protestantes historiques
Les évêques catholiques de toutes les Philippines s’étaient réunis du 22
au 24 janvier à Tagaytay pour un séminaire sur le fondamentalisme. Ils se
déclarent très préoccupés du point de vue pastoral face à la montée de ce
phénomène. Ils précisent toutefois, dans le document qu’ils ont publié
après leur rencontre, qu’ils ne mettent pas en cause les Eglises protestantes "historiques" comme les luthériens, les épiscopaliens, les méthodistes
ou l’Eglise Unie du Christ. Les sectes fondamentalistes, relèvent-ils, affirment que la Bible est la seule source de vérité salvatrice et l’interprètent de façon très littérale; ils citent souvent des passages bibliques
en les isolant de leur contexte, leur donnant ainsi un sens tout à fait
différent. Ces passages sortis de leur contexte sont ensuite utilisés pour
des attaques agressives contre la doctrine et la pratique catholiques.
Le document des évêques intitulé "Hold fast to what is good" (tenez fermement à ce qui est bon) estime que le développement des sectes fondamentalistes est un défi pour l’Eglise des Philippines et doit l’amener à s’interroger sur sa pratique. Ils admettent ainsi que beaucoup de fidèles ne se
sentent pas chez eux dans leur paroisse, qui sont souvent trop grandes, ce
qui engendre l’anonymat. Ils remarquent notamment que les communautés de
base, les organisations et mouvements d’Eglise sont très utiles pour faire
face à ce problème. (apic/ucan/kna/be)