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    Philippines : le cardinal Sin condamne la rebellion anti-Aquino (011289)

    "Ne provoquez pas un bain de sang"

    Manille, 1erdécembre(APIC) Alors que les combats font encore rage aux

    Philippines et que la situation n’est pas totalement sous contrôle des

    troupes gouvernementales favorables à la présidente Corazon Aquino, le cardinal Jaime Sin a appelé les troupes rebelles et les troupes loyalistes à

    "ne pas provoquer un bain de sang". Le régime élu démocratiquement doit

    être respecté, a déclaré l’archevêque de Manille vendredi 1er décembre à

    l’annonce de cette nouvelle tentative de coup d’Etat menée par plusieurs

    unités d’élite de l’armée.

    Selon des sources officielles les combats entre les rebelles et les

    troupes du gouvernement qui ont débuté jeudi auraient fait jusqu’ici

    plusieurs dizaines de tués et de blessés, des civils pour la plupart. La

    présidente Corazon Aquino, qui est sortie indemne d’un bombardement dirigé

    contre le Palais du gouvernement, a affirmé que la situation "serait sous

    contrôle en l’espace d’un jour".

    Le gouvernement des Etats-Unis a déjà promis son soutien militaire à la

    présidente. D’après le ministre de la défense Fidel Ramos, le responsable

    de la rébellion serait l’ancien colonel Gregorio Honasan. En 1987 il avait

    déjà essayé de renverser le gouvernement de Corazon Aquino.

    La présidente, âgée de 56 ans, a pu compter en 1986 sur la "révolution

    du rosaire" pour provoquer la chute de l’ancien dictateur Ferdinand Marcos.

    C’est grâce au soutien massif de l’Eglise catholique que Corazon Aquino,

    est parvenue au pouvoir. Le cardinal Sin est l’un de ses plus proches

    conseillers. Ces dernières années le gouvernement de l’actuelle présidente

    a menacé à plusieurs reprises de tomber sous la pression de l’armée.

    Dans la population, qui avait d’abord accueilli Corazon Aquino avec

    enthousiasme, la mauvaise humeur s’étend : en effet, les changements sociaux promis, particulièrement la réforme agraire, n’ont été mis en oeuvre

    qu’au début de son mandat. Plusieurs évêques catholiques ont récemment répété à la présidente que son processus de réforme n’était pas assez conséquent. Le même jour où a éclaté la tentative de pustch militaire, le gouvernement Aquino venait d’augmenter les prix des produits alimentaire de

    base de 25 %, alors que le taux d’inflation est déjà actuellement de 14 %.

    (apic/kna/cor)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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