Philippines: la campagne électorale troublée par des (100292)
Un "corbeau" particulièrement renseigné?
Manille, 10 février(APIC) Attribué à un groupe de journalistes, un "livre
blanc" consacré aux candidats à l’élection présidentielle défraye actuellement la chronique à Manille, la capitale des Philippines. Des révélations
particulièrement ciblées sur la vie personnelle de certains candidats pourraient bien faire trébucher plusieurs politiciens de renom. Parmi lesquels
le sénateur Joseph Estrada, un ancien acteur de cinéma fort populaire dans
le pays.
Détaillant avec beaucoup de précisions les troubles financiers et les
vicissitudes conjugales de certains aspirants à la magistrature suprême, le
document - en fait un bulletin - se délecte des histoires de maîtresses et
de petites amies "confinées par leurs amants dans des appartements de luxe".
Si ces révélations devaient se confirmer, elles feraient tomber nombre
de prétendants. "Parti pour être le Ronald Reagan des Philippines, le sénateur Estrada risque aujourd’hui de finir comme le... Bill Clinton de l’archipel", ironise une jounaliste locale en faisant référence au candidat démocrate anéricain accusé lui aussi d’infidélités.
Mais le sénateur n’est pas la seule victime du "corbeau": cités dans le
document, d’autres politiciens auraient déjà fait appel à d’importants conseils en communication pour "redresser leur image publique" à l’approche du
scrutin, prévu le 11 mai prochain.
La mise en garde des évêques fait de l’effet
Déjà soulignée par les évêques philippins dans leur lettre pastorale du
2 février, la moralité des candidats est donc une nouvelle fois mise en
cause. Même s’ils se défendent de vouloir interférer dans le processus
électoral, les prélats de l’archipel n’avaient pas hésité, dans leur lettre, "à mettre en garde les électeurs contre les politiciens enrichis frauduleusement, les joueurs et les hommes à femmes". Une consigne interprétée,
à sa manière, par le bulletin et par ses partisans: "Un homme qui trompe
son épouse peut tromper le public, il ne possède donc pas l’autorité pour
diriger le pays", résume un avocat de Manille. (apic/rw/pr)