Philippines: appel à la négociation (050888)
Manille, 5août(APIC) Pour mettre un terme au conflit armé qui provoque de
plus en plus de victimes, les évêques catholiques romains des Philippines
ont réclamé de nouvelles négociations de paix. Dans une lettre pastorale,
"Solidarité pour la Paix", les évêques ont exhorté le gouvernement et toutes les forces rebelles de la gauche et de la droite à cesser le combat et
à s’asseoir à "la table des négociations". Selon le général Fidel Ramos,
des négociations de paix mettraient en péril la sécurité de la nation, la
présidente Cory Aquino a indiqué qu’elle serait favorable à des négociations avec le Front national démocratique s’il en faisait officiellement la
demande. Aucune demande du Front national n’a été faite, un de ses responsable aurait cependant déclaré que l’organisation pourrait accepter de participer à des négociations si les évêques et la Croix-Rouge internationale
les organisaient.
Dans leur message, "Solidarité pour la paix", les évêques dénoncent
l’utilisation par les militaires des sectes religieuses fanatiques armées
et des membres des groupes auxiliaires chargés de veiller à l’ordre public.
Les auteurs de la lettre condamnent vivement les atteintes graves contre la
vie et les biens des citoyens. "Le recours à tous ces groupes illégalement
armés et sans contrôle doit être stoppé, leurs armes déposées". En s’attaquant aux forces de la gauche et de la droite, les évêques qualifient de
"terroristes" l’imposition, l’enrôlement, les enlèvements et les prises
d’otages.
La lettre pastorale des évêques philippins, survient après une séries
d’assassinats généralement perpétrés dans les centres urbains et dans la
capitale. Une Commission parlementaire a récemment reconnu que le nombre
des violations aux Droits de l’Homme est "actuellement plus important que
sous le régime de Marcos".
Les évêques philippins reconnaissent en outre qu’ils sont eux-mêmes à
blâmer pour leur silence et leur inaction, surtout face au nombre de victimes non-combattantes enregistrées récemment. Ainsi les principales victimes
sont-elles des policiers, des défenseurs des Droits de l’Homme, des avocats, des collaborateurs d’Eglise partisans de la non-violence, des pacifistes, des rebelles revenus à la vie civile, des hommes et des femmes taxés
"d’informateurs" ou de "supporters" de l’un ou de l’autre groupe politique.
(apic/soe/bcy)