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    Le cardinal Sin accusé de faire de la politique partisane

    Philipines: Position en vue des élections présidentielles de 1992 (080291)

    Manille 6février(APIC) Le cardinal Jaime Sin, archevêque de Manille, a

    récemment fait l’objet de violentes critiques dans la presse pour sa prise

    de position en faveur du Secrétaire exécutif du gouvernement Oscar Orbos

    comme candidat aux élections présidentielles de 1992. D’autres évêques ont

    aussi exprimé publiquement leur soutien à des responsables du gouvernement.

    Dans une interview accordée à l’agence de presse Reuter, le cardinal Sin

    aurait déclaré que la présidente Corazon Aquino ne devrait pas se représenter, mais devrait laisser la place à quelqu’un de plus jeune, comme Orbos

    par exemple.

    Cet incident repose le problème de la séparation des pouvoirs entre

    l’Eglise et l’Etat dans un pays où 80 % des habitants sont baptisés dans

    l’Eglise catholique. Contrairement au journaliste Nelson Navarro, du journal Malaya, qui a vivement dénoncé l’engagement dans la "politique partisane" du cardinal Sin, son collègue Rodolfo Dula relève que d’après un sondage de l’Eglise effectué au plan national, les personnes interrogées attendent que le gouvernement et l’Eglise s’engagent notamment dans le domaine

    de la corruption, de l’écologie et de l’injustice. Le fait que les gens attendent de l’Eglise qu’elle se prononce et applique les principes moraux

    dans des domaines tels que la réforme agraire et le développement économique indique une maturité au plan de la foi, indique l’enquête. Le grand

    nombre de problèmes intéressant l’Eglise et l’Etat qui se recouvrent suggère que les personnes interrogées ne sont pas principalement intéressées par

    le vieux problème des champs de responsabilités séparés entre l’Eglise et

    l’Etat.

    De son côté, le Père Felipe Dayao, directeur de l’action sociale du diocèse de Cabanatuan a déclaré avoir remarqué que pour la plupart des gens,

    et en particulier les plus pauvres, le concept de séparation entre l’Eglise

    et l’Etat passe au second plan de leurs préoccupations, après les questions

    concernant les problèmes qui touchent à la vie quotidienne comme la

    nourriture pour leurs enfants ou leur logement menacé.

    Il n’en reste pas moins vrai que selon les propos de Mgr Federico Escaler, l’évêque jésuite de la prélature territorial d’Ipil, à Zamboanga del

    Sur, "de nos jours, l’Eglise est encore vue comme une sorte d’agent du pouvoir politique nonobstant l’affirmation officielle de sa position non-partisane... Des hommes politiques viendront me voir, espérant mon soutien.

    Cela arrive à chaque période électorale!" . (apic/ucan/ec)

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