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    Les oeuvres d’entraide: 700 millions pour le désendettement du tiers-monde

    Pétition en vue du 700e anniversaire de la Confédération (101089)

    Berne, 10octobre(APIC) 500’000 enfants meurent dans le tiers-monde chaque

    année à cause de l’endettement et depuis 1984, selon la Banque Mondiale, ce

    ne sont plus les pays riches qui financent les pays pauvres, mais l’inverse

    Les flux nets d’argent s’écoulent désormais du Sud au Nord, et il s’agit de

    dizaines de milliards de francs. Les oeuvres d’entraide suisses veulent que

    cesse cette "saignée financière" et ont présenté mardi à Berne leur pétition "Le désendettement : une question de survie".

    A l’occasion du 700e anniversaire de la Confédération, en 1991, les oeuvres d’entraide Action de Carême, Pain pour le Prochain, Caritas, EPER,

    Helvetas et Swissaid demandent au Conseil fédéral et au Parlement de mettre

    sur pied un "fonds de désendettement" de 700 millions de francs. Il s’agit

    pour notre pays de contribuer ainsi à la solution de la crise de l’endettement, car la Suisse a également sa part de responsabilité.

    Les pays africains parmi les plus pauvres ont versé de 1985 à 1987 à la

    Suisse 2,5 milliards de francs de plus que ce qu’ils en ont reçu comme

    fonds commerciaux, a rappelé Hans Ott, secrétaire central de Pain pour le

    Prochain, c’est-à-dire 2,5 fois la somme que la Suisse a attribuée à ces

    pays dans le domaine de l’aide au développement. Dans le même laps de

    temps, nous avons encore économisé 200 millions de francs dans nos échanges

    avec l’Afrique en raison de la détérioration des termes de l’échange (effondrement des cours des matières premières).

    Usant, pour illustrer le montant de la dette, d’une image que le citoyen

    suisse comprend bien, la conseillère aux Etats démocrate-chrétienne soleuroise Rosemarie Simmen, présidente du Conseil d’action de l’Action de Carême, a évoqué le geste de poser à chaque seconde un billet de mille sur la

    table : il faudrait alors 63 ans pour réunir ce montant. Venue d’Antananarivo, l’économiste catholique Madeleine Ramaholimihaso, se présentant comme

    "une privilégiée parlant au nom des sans-voix" de Madagascar, a décrit les

    conséquences directes de l’endettement sur les populations pauvres : les

    ressources du pays étant consacrées au paiement du service de la dette, les

    restrictions budgétaires affectent en priorité l’éducation et la santé (pas

    le budget militaire, qui a progressé de 250 % de 1980 à 1988).

    L’état sanitaire de la population se dégrade et le taux de mortalité infanto-juvénile a progressé de 30 % entre 1983 et 1987. Les politiques

    d’ajustement structurel préconisées par le Fonds Monétaire International

    (FMI) ont fait baisser notablement l’apport de calories par habitant. Pour

    avoir des devises, les cultures vivrières sont sacrifiées au profit des

    cultures d’exportation, causant également de graves problèmes écologiques.

    Le rachat des créances : pas un cadeau aux banques

    La pétition préconise un rachat par le "fonds de désendettement" des

    dettes en devises : ce fonds achète à un prix réduit les créances que les

    banques suisses et les firmes d’exportation détiennent sur les quelque 70

    pays les plus pauvres. Les critères de rachat ne sont pas encore élaborés,

    mais auront un volet éthique considérant illégitimes certaines dettes (contractées par des dictatures, exploitation de situations de détresse, ventes

    forcées, etc.). Il s’agit aussi d’éviter de racheter à prix trop élevé certaines créances que les banques ont déjà passées par pertes et profits.

    Il sera ensuite créé un "fonds de contrepartie" du même ordre de grandeur en monnaie locale par les gouvernements concernés, fonds géré par des

    organisations non-gouvernementales (ONG) disposant d’un large appui dans la

    société, comme par exemple des Eglises, des syndicats, des mouvements populaires. Il sera destiné à des projets de développement bénéficiant aux populations les plus pauvres, "à la base". De tels fonds de développement

    existent déjà par ex. en Zambie ou au Bangladesh. Ils ont l’avantage - contrairement à l’annulation pure et simple d’une partie de la dette - de profiter aux plus démunis. Ces propositions - soutenues par les Eglises suisses et qui seront répercutées lors de la prochaine campagne de carême - ne

    sont pas un "remède miracle", et elles devront être accompagnées d’autres

    mesures comme la lutte contre la fuite des capitaux en provenance du tiersmonde et des relations commerciales plus équilibrées. (apic/be)

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