Lima, 28novembre(APIC) Les relations entre le gouvernement péruvien et
l’Eglise locale viennent de connaître un nouveau froid après les accusations lancées par le ministre de l’Energie et des Mines, José Carrasco, contre Mgr Oscar Cantuarias, archevêque de Piura. Ce dernier a en effet été
accusé d’entretenir des liens avec des groupes subversifs et de fomenter la
violence durant ses homélies. Le ministre l’a en outre rendu responsable de
l’assassinat commis l’an dernier d’un fonctionnaire dans la région de Piura, ville côtière située au nord de Lima.
Même si des excuses faites en privé ont été adressées à l’évêque par le
ministre de l’Energie et des Mines, principalement en raison des pressions
populaires et de l’Eglise, Mgr Ricardo Durand, président de la Conférence
épiscopale péruvienne a estimé ne pouvoir s’en contenter. "Ce sont des excuses politiques que le ministre doit présenter à la suite de ses propos
irresponsables", a-t-il déclaré.
Lors d’une série d’homélies radiodiffusées, Mgr Cantuarias, 57 ans,
avait durement critiqué la politique mise en oeuvre par le gouvernement
"qui a pour effet de rendre les pauvres plus pauvres et les riches plus riches". A plusieurs reprises, L’archevêque de Piura a dénoncé la corruption,
l’opportunisme et l’incompétence du gouvernement. "C’est bien en raison de
son incompétence que Mgr Cantuarias pardonne au ministre: il ne sait pas ce
qu’il dit", a-t-il déclaré.
Avec une inflation proche de 1100%, et des réserves monétaires pratiquement réduites à zéro, avec un terrorisme de plus en plus important, le gouvernement péruvien ne sait plus aujourd’hui comment redresser la situation
économique catastrophique du pays. Cela depuis deux ans en particulier,
soit une année seulement après que l’effet Garcia, élu en 1985, ait cessé
de jouer. La position du président Garcia dans le problème de la dette extérieure lui a valu les foudres Du Fonds Monétaire International (FMI) et
de la Banque Mondiale (BM). L’aide matérielle et une bonne partie de l’appui technique de bon nombre de pays occidentaux ont pour beaucoup diminué;
ces facteurs ont contribué à isoler davantage le pays, estiment les observateurs. Selon un haut diplomate européen en place à Lima, la politique de
certains pays occidentaux conduisent tout droit et volontairement la jeune
démocratie péruvienne vers le coup d’Etat.
Quoi qu’il en soit, estiment les mêmes observateurs, l’incident entre le
ministre de l’Energie et des Mines et l’évêque de Piura risque fort de
compromettre un peu plus les relations entre l’Eglise et l’APRA (Alliance
populaire révolutionnaire américaine), le parti au pouvoir. Des relations
rendues difficiles en raison de la politique gouvernementale adoptée en matière de contrôle des naissances. (apic/cip/pr)