Pérou, 24avril(APIC) Les médias de la capitale péruvienne commentent
largement l’information donnée par le préfet du département d’Ayacucho,
José Rada de la Torre, information selon laquelle 381 sédicieux du parti
communiste péruvien, plus connus sous le nom de Sentier lumineux, auraient
choisi de déposer les armes et de se réintegrer aux activités quotidiennes
des "campesinos" de la province de la Mar.
A défaut de s’avérer exacte à l’heure ou les attentats terroristes
semblent à nouveau se multiplier un peu partout au Pérou, cette nouvelle
aurait malgré tout de quoi faire naître bien des espoirs. D’autant plus,
toujours selon les mêmes sources, que 300 autres membres présumés du
Sentier lumineux s’apprêtent à en faire autant et sans compter que cette
reddition deviendrait un précédent dans ce pays déchiré depuis 6 ans par
une lutte sans merci.
Au-delà du commentaire que pourrait susciter un tel événement, il convient de s’arrêter sur la crédibilité de cette information. Cela dans la
mesure ou il est impossible de la vérifier, principalement en raison de
l’isolement de ce département déclaré "zone d’urgence", partiellement interdit d’accès aux journalistes, et soumis à un rigoureux et puissant contrôle politico-militaire qu’exercent les forces armées.
A ce propos, s’interrogent plusieurs quotidiens de la capitale, pourquoi
avoir tant tardé avant de faire connaître au public ce qui pourrait bien
constituer le revers le plus important jamais subi par le Sentier lumineux ? Tout semble en effet indiquer, si capitulation il y a eu, qu’elle
est intervenue depuis de nombreux mois dejà.
Une discrétion d’autant plus étrange qu’elle contraste avec le ton
généralement triomphaliste du gouvernement. Reste l’explication d’une
mesure de securité appliquée pour les repentis. Une interprétation peu
crédible, surtout en regard de l’importance des moyens déployés par l’armée
dans cette région.
Et qui sont-ils, ces "sendéristes" repentis, des "capesinos" recrutés
par la force selon une méthode propre au PCP-SL, des militants actifs ou
une composante des bases d’appui de l’organisation subversive ? Sur le
sujet, l’information ne dit rien. Cette omission déroute plus d’un
observateur.
Elle déroute d’autant plus que si elle s’avérait exacte, une telle
nouvelle bouleverserait complètement les données jusqu’à ce jour
recueillies sur le Sentier lumineux, sur ses méthodes aveugles et
l’acharnement doctrinaire dont il est capable. Ce qui est également certain
est le fait que le gouvernement a trop souvent fait preuve d’ingenuité face
au réel danger que représente la subversion au Pérou. Tout le monde
s’accorde ici aujourd’hui à la voir redoubler de violence, à commencer par
l’Eglise.
Dans ce sens, la capitulation de 381 terroristes et celle de 300 autres
annoncée apporterait incontestablement de l’eau au moulin du gouvernement
péruvien, aujourd’hui critiqué tous azimuts en matière de politique
antisubversive, notamment pour son manque de résultats positifs. Il en a
bien besoin à l’heure ou sa politique économique, vérifiable, elle, le
place dans une situation devenue pratiquement insoutenable. (apic/pr/ym)