Un appel de Mgr Vargas Alzamora, archevêque de Lima
Lima, 5avril(APIC/CIP) A la veille des élections présidentielles et parlementaires dimanche 8 avril au Pérou, Mgr Vargas Alzamora, archevêque de
Lima, a lancé un appel aux organisations humanitaires péruviennes et étrangères qui restent muettes devant la violence, à moins qu’elle n’atteigne
des "stars".
"Je ne peux comprendre que l’on puisse garder le silence devant des massacres incroyables, atroces, devant des faits connus, qui peuvent être
vérifiés, des faits à l’occasion desquels ont été assassinées dans des villages andins des populations entières. Pourquoi les organisations, dans le
pays et au-dehors, se taisent-elles ? Pourquoi leurs protestations ne sontelles pas parvenues aux terroristes, auteurs de ces crimes ? Les droits de
l’homme sont universels, et la dignité humaine est la même chez une personnalité et chez des paysans anonymes !", a-t-il lancé.
Au micro de Radio Vatican, Mgr Vargas rappelle que les évêques péruviens
ont, dans un document, rappelé aux citoyens leur devoir de se rendre aux
urnes pour désigner "en conscience" ceux qu’ils jugent les plus aptes à
gouverner. Dans un contexte de crise économique aiguë et de violence
politique, l’archevêque met en garde contre la peur, mauvaise conseillère
et, dit-il, "le principal obstacle à vaincre".
Le prélat rappelle aussi que le travail est "un droit inaliénable" et
observe que le Pérou dispose de nombreuses ressources et de moyens suffisants pour satisfaire ce droit, mais que "ceux-ci sont, hélas, mal gérés".
A propos de la violence, il souligne que le terrorisme du "Sentier lumineux" et du mouvement Tupac Amaru est "clandestin", sans que l’on sache
très bien où sont amis et ennemis. Ce sont des groupes qui opèrent anonymement, se gardant bien d’agir à visage découvert. "Il est juste que les forces armées réagissent, affirme Mgr Vargas. Mais il n’est pas juste, même si
les soldats sont parfois victimes de la peur, qu’elles agissent en assassinant des innocents et des suspects. C’est là une spirale qu’il faut briser,
car le prix en est élevé et les conséquences désastreuses".
L’archevêque de Lima indique en conclusion que l’Eglise désire
l’instauration d’un climat d’entente et de dialogue et souhaite que
s’ouvrent aussi vite que possible des négociations, "afin d’éloigner le
spectre de la peur". (apic/jt/cip/cor)
(Amplification de notre première nouvelle, p. 2)