Pérou: Les atteintes aux droits de l’homme augmentent (240691)
Fribourg en Brisgau, 24juin(APIC) Les atteintes aux droits de l’homme
sont en progression au Pérou , constate la Commission sociale de la Conférence des évêques (CEAS) de ce pays. Laura Vargas, directrice de cette commission, a déclaré à la fin de la semaine dernière à l’Académie catholique
de Fribourg en Brisgau que 526 personnes avait été tuées durant le seul
mois de mai. Par conséquent c’est la mission de l’Eglise et de sa commission sociale que de défendre les droits de l’homme. Les organisations populaires, à nouveau mises en alerte, voient leur rôle encore renforcé.
Les entorses aux droits élémentaires de la population ont particulièrement progressé dans les régions défavorisées, a renchéri Laura Vargas.
C’est ainsi que l’organisation maoïste "Sentier Lumineux" a tué une religieuse australienne dans la province de Tarma. Les militaires ont réagi en
fonction de la législation de l’état de siège en s’attaquant à des innocents. Les efforts de l’Eglise et d’autres groupes en vue de négociations
de paix ont montré que les Péruviens dans leur grande majorité ne sont pas
des gens violents. Il est donc faux de prétendre que les militaires ont renoncé à la "logique de la violence" contre le terrorisme.
Selon la directrice de la Commission sociale de la Conférence épiscopale
péruvienne, il faut chercher la cause des conflits armés dans la crise économique persistante que traverse du pays. Le gouvernement Fujimori, en
fonction depuis une année, n’a pas réussi par son "programme choc" de combat contre l’inflation, à atteindre pacifiquement ses objectifs sociaux.
Une grande partie de la population s’est organisée elle-même: dès lors des
cuisines populaires ont vu le jour et des initiatives ont été prises dans
le domaine de la formation. "Les organisations populaires sont un chemin
possible pour sortir de la crise", affirme Laura Vargas. Une nouvelle conscience d’autonomie s’installe parmi les pauvres. Pour venir en aide aux
victimes des atteintes aux droits de l’homme, l’Eglise a créé des lieux
d’espoir grâce à l’ouverture de "centres d’action pastorale". Depuis six
ans, le CEAS s’occupe des réfugiés venant des régions conflictuelles.
(apic/kna/ba)