Perou: le travail des enfants de la rue (061291)
Lima, 6décembre(APIC) Ils cirent les chaussures, vendent des sucreries,
transportent de lourdes charges ou offrent leurs services comme petits délinquants; à la fin de la journée ils cherchent un endroit pour dormir.
Ainsi se déroule la vie quotidienne des enfants de la rue à Lima. Exposés à
la sous-alimentation et aux maladies, beaucoup d’entre eux sombrent dans
l’alcool, la drogue ou la prostitution.
Plusieurs études nationales sont parues récemment au Pérou sur la situation des enfants des rues. L’administration générale du travail du Pérou a
reconnu qu’en 1988, seulement à Lima, 96’000 enfants âgés de 8 à 13 ans,
travaillaient dans la rue. L’institut de recherche "Cuanto" estime que depuis lors ce nombre a plus que doublé. En 1988, 360’000 enfants travaillaient pour survivre au Pérou, ils sont certainement plus d’un demi-million
aujourd’hui.
Plus préoccupant encore: le travail qu’on exige d’eux, dépasse souvent
leurs forces. Environ 40% d’entre eux travaillent six jours par semaine et
40% autres sont à l’ouvrage sept jours sur sept. Les journées comptent de
sept à dix heures de travail. Plus de la moitié des enfants n’ont aucun
contrat de travail, beaucoup sont exploités par leur propres parents.
La police des mineurs, qui estime que les enfants mendiants sont systématiquement exploités par des bandes criminelles organisées, a mis sur pied
un projet pour retirer ces enfants des situations de risque et leur offrir
une solution de remplacement. Mais la difficulté vient du fait que la plupart des gosses de la rue sont en contradiction avec la loi et ne veulent
pas avoir à faire à la police ou aux autorités.
Ce projet appelé "Colibri" à pour but de fournir à ces enfants un travail moins risqué afin qu’ils puissent garder leur propre revenu et leur
indépendance. A côté de cela ils doivent apprendre un métier, afin de ne
plus devoir reprendre un travail dangereux ou illégal. On veille aussi à
une alimentation saine et à lutter contre la dépendance de l’alcool ou de
la drogue. Selon la police des mineurs le projet connaît un plein succès,
mais les moyens financiers manquent pour s’occuper d’un plus grand nombre
d’enfants. Un porte-parole de la police a déclaré que leur seul espoir
était de touver des entrepreneurs privés pour soutenir le projet. (apickna/mp)