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    dans les prisons de Lima remis à l’ONU

    Pérou: le rapport d’enquête sur les massacres (250388)

    Genève, 25mars(APIC) Le sénateur péruvien Rolando Ames a été reçu jeudi

    par le directeur du siège européen de l’ONU à Genève, M. Jan Martenson qui

    est également Directeur du Centre des Droits de l’Homme. M. Ames lui a remis le rapport d’enquête sur les massacres dans les prisons de Lima survenus en 1986, rapport qui a été publié en décembre 1987. Les deux hommes ont

    parlé également de la situation des Droits de l’Homme au Pérou.

    Le sénateur Ames qui appartient à un parti de gauche appelé "Izquierda

    Unida" a été le président de la Commission d’enquête nommée par le

    Gouvernement qui était composée de 13 membres: 7 personnes représentant la

    majorité et six membres de l’opposition. Le travail d’enquête a duré quatre

    mois. Le fait de nommer comme président d’une Commission importante un

    représentant de l’opposition constitue un fait exceptionnel au Pérou.

    "Mais - a déclaré M. Rolando Ames - la démocratie au Pérou est en

    quelque sorte paradoxale. En effet, le gouvernement qui a réprimé la

    mutinerie des prisons d’une manière non démocratique, accepte, en même

    temps, qu’une enquête ait lieu sur ces événements". "Cela montre - a

    poursuivi le sénateur - qu’il s’agit d’un problème complexe et qui suscite

    la question suivante: comment, dans nos pays latino-américains, la

    démocratie peut-elle se développer et se défendre?

    "Rappelons que parmi les mutins - dont 246 d’entre eux avaient été tués

    - il y avait un grand nombre de membres du Sentier Lumineux, le groupe politique maoïste pour qui la seule stratégie d’action est la guerre et la

    violence appliquée de façon autoritaire. Une violence qui s’appuie sur la

    méfiance séculaire du peuple vis-à-vis de l’Etat. D’ou - ce que M. Ames

    considère encore plus grave - la réponse du gouvernement basée sur la

    méfiance et la violence envers la population au travers des méthodes antisubversives qu’il applique.

    Si la Commission d’enquête s’est mise d’accord de façon unanime sur la

    reconstruction des faits, elle s’est, par contre, divisée en deux avis

    divergents pour ce qui constitue la responsabilité des massacres. Pour

    l’opposition dont fait partie le président Ames, la responsabilité retombe

    sur le Conseil des ministres et sur le Président Alan Garcia, lui-même. Ce

    furent eux, en effet, qui ordonnèrent aux forces armées de contrôler les

    mutins, rapidement et avec toute l’énergie nécessaire. Avec, comme

    résultat, une répression violente et un coût élevé en vies humaines. La

    majorité signale seulement comme coupables ceux qui ont exécuté l’ordre.

    Avant sa venue à Genève, M. Rolando Ames s’était auparavant rendu au

    Parlement européen à Bruxelles et avait fait un exposé à l’Université

    catholique de Louvain. L’occasion, peut-être, de se remémorer d’anciens

    souvenirs puisque le sénateur péruvien est, en effet, un ancien élève de

    cet établissement. (apic/ar/bd)

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