Pérou : l’évêque auxiliaire de Lima (161187)
Lima, 16novembre(APIC) Face à la montée de la subversion au Pérou,
l’évêque auxiliaire de Lima, Mgr Augusto Beuzeville Ferro, s’est exprimé en
cette fin de semaine pour demander que s’établisse un dialogue entre Péruviens.
Il a invité l’insurrection à laisser de côté les armes et à s’intégrer à
la vie sociale et politique du pays. Cet appel va dans le sens de celui
lancé jeudi 12 novembre par le président Alan Garcia qui demandait aux
forces subversives de "déposer les armes afin d’éviter un bain de sang".
Surtout, il rejoint les préoccupations exprimées par l’ensemble des partis
politiques péruviens après les prises successives par le MRTA (Mouvement
Révolutionnaire Tupac Amaru) de 5 villes du département amazonien de San
Martin situé à quelque 700 kilomètres au nord-est de la capitale. La
première, Tabalosos, est tombée le 8 octobre entre les mains du MRTA, les
deux dernières, Juanjui et San José de Sisa, les 6 et 8 novembre derniers.
Après avoir exprimé ses doutes au sujet d’une réelle volonté de dialogue
de la part du MRTA et du Sentier Lumineux, Mgr Beuzeville a néanmoins manifesté que le gouvernement et le pays devraient s’ouvrir à l’idée d’un tel
dialogue et à l’opportunité de tout ce qui peut contribuer à l’établissement de la paix.
La crainte d’une répression indiscriminée
Il est préférable, a-t-il dit, que ces mouvements abandonnent la clandestinité et leurs activités réalisées en marge de la loi pour suivre les
règles établies par la Constitution et les lois dans le but de lutter de
toutes leurs forces pour un Pérou meilleur et différent. L’évêque auxiliaire de Lima a encore fait part de ses craintes de voir l’armée, actuellement
dépêchée dans le département de San Martin nouvellement déclaré zone d’urgence, commettre les abus et les atrocités connues dans le département
d’Ayacucho, de la voir agir selon les critères exprimés publiquement par le
général Luis Cisneros selon lequel il est préférable d’éliminer un village
tout entier si dans celui-ci se trouve infiltré un groupe de terroristes.
"J’espère que de tels critères n’ont maintenant plus cours car on ne
peut construire la paix en tuant et en détruisant comme le font les
terroristes, pas davantage qu’il est possible de l’obtenir en usant d’une
répression sans discrimination aucune", a-t-il conclu. (apic/pr/be)