Lima, 26 mars (APIC/Pierre Rottet) A près de 6 semaines de la visite qu’effectuera au Pérou le pape Jean Paul II, la ville de Lima et l’ensemble de
la population sont occupés à de muliples préparatifs. Il ne se passe pas ou
peu de jours sans que les médias de la capitale péruvienne n’y fassent allusion. Chacun ici attend beaucoup du séjour du Saint Père, le deuxième au
Pérou, les 14 et 15 mai prochains.
Pour symboliser la paix dont le pays a tant besoin, les familles sont
invitées à cultiver puis à distribuer une fleur précisément appelée "de la
paix", les pétales devant servir à couvrir la route qu’empruntera le pape
pour se rendre de l’aéroport à la cathédrale, lieu de son premiere rendezvous.
D’un autre côté, des milliers d’enfants se préparent à recevoir le Saint
Père. Ils formeront un immense choeur pour interpréter plusieurs cantiques
notamment. Surmontée d’une croix de 30 mètres de haut, l’estrade de laquelle le pape s’adressera à la foule des fidèles lors de la clôture du congrès
eucharisitque "bolivariano" est pratiquement teminée, de même qu’avancent
les travaux de réfection du gigantesque mur de mosaïques construit à l’occasion de sa première visite.
Si l’enthousiasme que suscite la visite de Jean Paul II est manifeste et
se généralise à l’ensemble des chrétiens, des milieux politiques et des
secteurs populaires, certaines personnalités liées à l’Eglise doutent du
bien-fondé des investissements jugés astronomiques que le Pérou, pays
pauvre s’il en est, et actuellement en pleine crise économique, consentira
à cette occasion.
Même si la Conférence épiscopale des Etats-Unis contribuera pour beaucoup aux dépenses, celles-ci n’en demeurent pas moins importantes pour le
Pérou: près d’un demi-million de dollars pour les quelques 36 heures que
durera la visite du pape, cela sans compter le coût des mesures de sécurité
exceptionnelles que déploieront des milliers de policiers.
Le budget de l’une des nombreuses commissions chargées de la propagande,
du secrétariat et de la diffusion se monte à lui seul à près de 50.000 dollars. Dans un pays où le salaire minimum vient d’être porté à 3,5 millions
de soles par mois, environ 60 francs suisses, et où de nombreux professeurs, par exemple, gagnent moins de 120 francs par mois, il est étrange de
constater, soulignent ces milieux, que pour les repas de 15 personnes,
étalés sur 8 jours y compris les préparatifs et le congrès, un montant de
l’ordre de 4335 dollars ait été prévu, un repas pris dans un hôtel de luxe
n’excédant guère 10 à 15 dollars.
Cette constation vaut pour de nombreux autres postes prévus au budget de
cette commission, en particulier pour celui concernant l’utilisation de 6
traductrices pour 5 jours de travail et pour lesquels un montant global de
3000 dollars a été inscrit. (apic/pr/ym)