Pérou: 70 % des Péruviens souffrent de la faim (201087)
Lima 20octobre(APIC) 70 % de la population péruvienne souffre de la faim
à des degrés divers, a révélé samedi à Lima l’Organisation des Nations
Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO). En d’autres termes, 14
millions de Péruviens ne mangent pas à leur faim et se trouvent dans un
état de dénutrition et de pauvreté plus ou moins grave.
Cette constatation a été faite par le représentant au Pérou de la FAO,
Luis A. Venegas, ainsi que par Alvaro Wittembury, président de la Commission nationale multisectorielle. Leur dénonciation, formulée en présence du
ministre de l’agriculture Remigio Morales Bermudez, s’inscrivait dans le
cadre de la Journée Mondiale de l’Alimentation célébrée samedi à Lima.
Parmi les 14 millions de personnes jugées en état de dénutrition, 4
millions se trouvent dans une situation critique, estime le représentant de
la FAO. Selon lui, sur une population calculée à 20 millions, seuls 5
millions de Péruviens (25 %) s’alimentent normalement. Les statistiques
révèlent en outre qu’un million de "privilégiés" s’adonnent couramment au
gaspillage alimentaire.
La majeure partie des Péruviens affectés par le problème de la dénutrition et de la misère est issue des régions rurales situées dans ce qu’il
convient de nommer le "trapèze andin". C’est-à-dire dans les départements
de Puno, Cusco, Apurimac, Ayacucho et Huancavelica. Ces memes départements
sont précisément ceux dans lesquels le taux d’analphabétisme est le plus
élevé du Pérou. Ils constituent tout autant de foyers de violence. La faim
n’épargne pas non plus la population de la capitale, celle principalement
concentrée dans les bidonvilles ou autres "pueblos jovenes". Dans la ville
de Lima en effet, sur un total de 6 millions d’habitants, la FAO estime à
1,8 million le nombre de personnes touchées par le fléau.
Lors de la présentation de son document, le délégué de l’Organisation
des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation a encore rappelé que
700 millions d’etres humains répartis dans le monde vivent aujourd’hui dans
la pauvreté la plus absolue. Il a affirmé que "s’il fallait garder une minute de silence pour chaque personne décédée dans le monde pour cause de
dénutrition, nous arriverions en silence en l’an 2000". (apic/pr/be)