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    Jésus et la femme adultère. Lucas Cranach le Jeunes. Huile sur toile, 1549. © Wikimedia Commons

    Père Cantalamessa: "Jésus est-il une personne ou un personnage?"

    Les chrétiens sont non seulement appelés à croire en la personne du Christ mais à "rejoindre cette personne" et à "la toucher", a invité le cardinal Raniero Cantalamessa lors de son dernier prêche de Carême le 26 mars 2021 prononcée devant le pape François et la Curie dans l’aula Paul VI. Pour trop de croyants, le Christ n’est qu’un "personnage" avec qui ils ne rentrent pas en relation, a-t-il déploré.

    À l’occasion de cette quatrième méditation, le capucin a choisi de livrer devant le pape et la Curie une réflexion sur la personne du Christ. Pendant trop longtemps, "je connaissais tout sur la personne de Jésus mais je ne connaissais pas Jésus en personne", a confié le théologien. Cette connaissance "impersonnelle" du Seigneur Jésus, purement intellectuelle, peut sembler contradictoire, a-t-il relevé, mais elle est pourtant fréquente.

    En tant que chrétiens, "nous ne devons pas seulement dire que nous croyons en une personne mais rejoindre cette personne et, par la foi, la toucher", a invité le prédicateur. En réfléchissant sur la Trinité, saint Augustin a montré que le concept de personne en Dieu signifiait précisément relation, a-t-il poursuivi: tout l’être du Père s’accomplit dans le Christ, et vice-versa. Cette vérité de l’accomplissement de la personne par la relation est valable pour les personnes de la Trinité – pures relations – mais aussi pour chacun de nous. Les chrétiens ne peuvent pas connaître le Christ s’ils ne rentrent pas dans un rapport du “je” au “tu”.

    De manière concrète, le prédicateur a appelé chacun à se poser la question suivante : "Jésus est-il une personne ou un personnage pour moi ?". Si on peut lire beaucoup sur un personnage, tel Léonard de Vinci, on ne peut lui parler, a-t-il fait remarquer pour illustrer la différence. Pour beaucoup de chrétiens, "le Christ n’est qu’un personnage", a-t-il déploré. Pourtant, si nous restons dans un foi 'objective', qui ne descend pas au cœur, le Seigneur restera extérieur à nous, a-t-il prévenu.

    Certains peuvent penser que cette invitation à rencontrer véritablement la personne du Christ n’est pas pour eux, a-t-il observé en évoquant deux écueils fréquents. Le premier consiste à penser que cette rencontre a déjà été effectuée, a-t-il souligné. D’autres imaginent que cette rencontre est réservée aux mystiques, ce qui est tout aussi faux. Cette relation, nous pouvons la désirer, mais le chrétien ne peut l’expérimenter que par l’œuvre de l’esprit saint que chacun peut appeler, a-t-il expliqué. Dans ce domaine, les ouvrages ne suffisent pas.

    Dieu est trine car il est amour

    Cette réalité rejoint le mystère trinitaire, a poursuivi le prédicateur : le dogme de la Trinité est fondé sur l’affirmation d’un Dieu amour. Chaque amour implique un amant, le Père, un aimé, le Fils, et un amour qui les unit, l’Esprit saint. Un Dieu qui aurait été "pure pensée, pure puissance ou pure loi" n’aurait pas eu besoin d’être trine, a-t-il souligné. Mais un Dieu amour nécessitait cette relation entre plusieurs personnes. Ceci explique pourquoi la "pluralité ne contredit pas l’unité de Dieu".

    Pour le prédicateur, les chrétiens n’ont pas fini de percevoir les conséquences de cet amour trinitaire et l’image qu’ils ont de Dieu en témoigne. Bien souvent, nous avons l’idée d’un Dieu absolu, terrible, qui nous prépare au pire, alors que le Christ a fondamentalement une relation d’amour avec nous. L’amour et la miséricorde ne sont pas souvent vus comme la base de l’amour de Dieu, s’est-il attristé. Et pourtant, le fait que Dieu ait donné sa vie pour chacun de nous reste un abîme à explorer.

    En cette semaine précédent la Semaine Sainte, il a donc exhorté l’ensemble des croyants à faire l’expérience de la guérison intérieure en présentant ses faiblesses et angoisses à Dieu. En lui offrant ses misères, le chrétien pourra observer que rien ne lui résiste. "Si Dieu est avec nous, qui est contre nous ?", a-t-il rappelé en citant l’Écriture sainte. (cath.ch/imedia/cg/mp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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