Pour "l’humanisation de l’humanité"
Bruxelles, 3juin(APIC) Le mouvement catholique pour la paix Pax Christi
international est en train de faire une percée importante dans les pays
d’Europe de l’Est et dans le tiers monde. C’est ce qui ressort du dernier
Conseil international du mouvement qui a rassemblé récemment 120 participants à Fatima au Portugal. Le cardinal Godfried Danneels, président du
mouvement, a souligné à cette occasion l’importance du respect de la diversité religieuse et culturelle.
50 ans après sa fondation au lendemain de la deuxième guerre mondiale,
Pax Christi international est actif dans 25 pays et étend désormais son
champ d’action largement au-delà de l’Europe occidentale. Le conseil d’administration du mouvement a d’ailleurs été renouvelé pour mieux refléter la
présence effective sur le terrain. On y trouve des représentants du Brésil,
de Pologne, de Slovaquie, d’Inde et d’Haïti. Le thème de l’assemblée de Fatima correspondait à cette évolution: "La rencontre des cinq continents".
"Il nous faut apprendre à vivre dans des territoires où les ethnies se mélangent", a déclaré le cardinal Danneels, qui a centré son intervention sur
l’importance de la diversité religieuse et culturelle. L’avenir est à la
pluralité: "Chaque pays doit désormais compter avec ses minorités. (...)
L’intolérance n’a pas d’avenir. Nous devons absolument apprendre à vivre
avec des gens de couleurs différentes, sans quoi tout deviendrait gris."
L’archevêque de Malines-Bruxelles a eu cette formule frappante: "L’objectif
final que nous poursuivons, c’est l’humanisation de l’humanité".
A propos de la "découverte" de l’Amérique, le cardinal Danneels a fait
remarquer que 1492 est précisément pour l’Espagne la fin d’une société plurireligieuse et multiculturelle, par la victoire sur les musulmans à Grenade et leur expulsion d’Espagne, et par l’expulsion ou la conversion forcée
des juifs. Pour le cardinal, il s’agit là non pas du "triomphe du christianisme, mais de l’imposition de la foi du plus fort, sans respect des convictions différentes". Aujourd’hui, les Eglises doivent faire comprendre le
rôle positif que la religion peut jouer dans la nation et dans la promotion
de la tolérance et du dialogue.
Stop à la production et au commerce d’armes
La "Déclaration" adoptée à l’issue des travaux du Conseil international
de Pax Christi met surtout l’accent sur la recherche de solutions non militaires aux conflits, sur un désarmement complet et sur l’abolition du commerce des armes. Le texte met en évidence aussi le rôle de l’ONU comme "unique instrument légitime pour exercer un contrôle de la politique internationale sur le plan mondial". Les limites de l’Etat-nation sont également
relevées par le mouvement qui constate qu’aujourd’hui de nombreuses personnes sont contraintes à l’exil pour des raisons politiques, religieuses, sociales ou économiques. Les programmes de développement doivent tenir compte
de la sauvegarde de l’intégrité de la création, souligne encore la Déclaration.
Concrètement, Pax Christi réclame l’interdiction complète de la production d’armement nucléaire, la reconversion de l’industrie de l’armement et
la fin du commerce des armes. Le mouvement propose aussi une restructuration du Conseil de sécurité de l’ONU et une attention plus grande aux liens
qui unissent le développement, l’écologie et la paix.
Yougoslavie: "la guerre n’apporte jamais la paix"
Dans une lettre adressée au cardinal Franjo Kuharic, archevêque catholique de Zagreb, et au patriarche Pavle, chef de l’Eglise orthodoxe serbe, le
cardinal Danneels, au nom de Pax Christi, condamne fermenent la violence et
les violations des droits de l’homme dans les Républiques de l’ex-Yougoslavie. "Les différentes religions et cultures n’ont pas d’autres possibilités
que de vivre ensemble sur le chemin de la paix", répète le cardinal. "Il
n’y a pas, sur le plan militaire, de solution qui puisse résoudre un problème de façon magique et une fois pour toutes. La guerre n’apporte jamais
la paix", conclut-il. (apic/cip/mp)