Pénurie alimentaire en Union Soviétique (161290)
Genève, 16décembre(APIC) Une délégation de cinq personnes du Conseil oecuménique des Eglises (COE) s’est rendue à Moscou du 4 au 9 décembre pour
évaluer la situation alimentaire en Union Soviétique, et discuter d’une action oecuménique sur la base des rapports en la matière. La délégation du
COE, conduite par Klaus Poser, directeur de la Commission d’entraide et de
service des Eglises et d’assistance aux réfugiés (CESEAR) du COE, a rencontré des responsables d’Eglises, qui avaient confirmé antérieurement des
rapports sur la déterioration de l’approvisionnement alimentaire, et recommandé le lancement d’un appel oecuménique urgent pour obtenir assistance.
L’archevêque Cyrille, directeur du Département des relations extérieures
de l’Eglise orthodoxe russe, a déclaré à la délégation que face à la pénurie alimentaire, l’Eglise trouve l’occasion de rendre son témoignage diaconal de service aux déshérités. Il a également souligné le rôle que ce service pourrait jouer dans l’apaisement des tensions politiques et le renforcement de la démocratisation dans le pays.
l’Eglise orthodoxe russe et l’Union baptiste mettent en place leurs propres réseaux de secours, alors que le COE, par l’intermédiaire de la CESEAR, a été invité à coordonner l’action oecuménique. Durant cette visite, un
projet de mémorandum d’accord entre l’Eglise orthodoxe russe et le COE/CESEAR a été préparé. Selon ce projet, le Département des relations extérieures de l’Eglise orthodoxe russe mettra en place un bureau de coordination.
Le COE, par l’intermédiaire de la CESEAR, va pour sa part tenir au courant
du déroulement de ce programme tous les organismes oecuméniques d’entraide
concernés.
L’URSS n’est pas l’Afrique
Même si les chiffres concernant les personnes affectées ne sont pas encore disponibles, on estime à environ 100’000 le nombre de personnes touchées dans la seule ville de Moscou. Les autres régions affectées sont Leningrad, Sverdlovsk, Smolensk, Arkhangelsk et Tchernobyl. Les plus touchés
sont les familles avec un seul revenu, les handicapés et les personnes âgées dans les grandes villes où les systèmes de transport et de distribution
se sont déteriorés.
Parce qu’elles ne peuvent facilement attendre dans les files devant les
magasins, ni se permettre d’acheter sur le marché libre, ces personnes seront prioritairement pris en considération pour une aide urgente. En présentant à l’équipe oecuménique les listes des besoins en nourriture et médicaments, les représentants d’Eglises ont suggéré l’envoi de paquets de 10
kilos par famille, faciles à transporter et à distribuer.
Lors d’une réunion tenue à l’issue de ce voyage, Klaus Poser a déclaré
que la situation en Union Soviétique n’est pas comparable à celle de
l’Afrique, et rappelé aux représentants des organismes d’entraide présents
qu’en répondant à la situation soviétique actuelle, ils ne devraient "pas
oublier leurs responsabilités ailleurs". Alors qu’il existe une situation
de pénurie en URSS, on ne peut encore parler de famine. Mais, a-t-il ajouté, les difficultés réelles se poseront en février ou en mars, lorsque les
stocks baisseront. (apic/spi/pr)