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    Pensier: "Quel style de vie pour demain ?" (070593)

    Responsables des Eglises chrétiennes suisses et

    militants de base planchent sur des alternatives

    Pensier (FR), 7mai(APIC) Une quarantaine de responsables et de militants

    de base de diverses Eglises chrétiennes ont répondu vendredi à l’invitation

    de la Communauté de travail des Eglises chrétiennes en Suisse (CTEC) et du

    groupe de travail "Justice, Paix et Sauvegarde de la Création" (JPSC). Ils

    sont réunis jusqu’à samedi à la Maison St-Dominique à Pensier, près de Fribourg, sur le thème "Quel style de vie pour demain ?".

    Après avoir entendu un témoignage très personnalisé et plein de sensibilité de Gabrielle Nanchen, aujourd’hui déléguée suisse pour le programme

    "Dialogue Nord-Sud" du Conseil de l’Europe, les participants planchent jusqu’à samedi sur des alternatives au mode de vie actuel dans un monde marqué

    par la crise économique, la destruction de l’environnement, le fossé grandissant entre pays riches et pays pauvres, et les conflagrations armées qui

    se développent à nos portes. Ils ont réfléchi en groupes de travail à

    l’usage du temps, la consommation d’énergie, la mobilité et les transports,

    la gestion des conflits et la relation à l’argent.

    Dans son introduction, le pasteur Heinrich Rusterholz, président de la

    Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) et vice-président

    de la CTEC, a souhaité que l’esprit qui a soufflé sur la grande rencontre

    oecuménique européenne de Bâle "Paix et Justice" ne se perde pas.

    Qu’il est loin l’immense espoir suscité par la chute du Mur de Berlin,

    en novembre 1989, qui allait nous donner les "dividendes de la paix", permettre de cesser la course aux armements et d’aider ainsi davantage le

    tiers-monde, s’est exclamée Gabrielle Nanchen. L’ancienne conseillère nationale valaisane et socialiste - qui n’a pas quitté son parti, mais qui

    est devenue sceptique au sujet de la politique partisane - a déploré qu’un

    nouveau Mur, psychologique celui-là, mais plus infranchissable encore,

    divise à nouveau l’Europe. "Que fait-on, en ex-Yougoslavie, de la liberté

    si chèrement acquise ?", a-t-elle lancé. A l’Est, ce qui domine maintenant,

    "c’est la liberté du renard dans le poulailler, la loi du plus fort...".

    Et chez nous ? Une société à deux vitesses s’est installée, avec d’un

    côté des nantis qui ont du travail et s’accrochent à leurs privilèges, tandis que d’autres sont socialement marginalisés: des mères devant élever

    seules leurs enfants, des vieux qui meurent abandonnés, des jeunes de la

    génération "no future", sans espoir, qui tombent dans la drogue et la délinquance. "Le tiers-monde désormais est chez nous: on rencontre des mendiants à Genève ou à Zurich!".

    Et pourtant, dépassant ce tableau pessimiste, Gabrielle Nanchen a incité

    les participants à ne pas baisser les bras, à combattre les injustices, à

    lutter pour la protection de l’environnement et la solidarité avec le

    tiers-monde. Mais elle a appelé à combattre pour une cause et non contre

    des groupes sociaux (les bourgeois, les riches, les capitalistes) désignés

    comme des boucs émissaires. Dans sa volonté de faire de la politique "autrement", dans la coopération et non la confrontation, la militante valaisanne met son espoir dans les mouvements, et - Gabrielle Nanchen n’avait

    d’ailleurs pas attendu "l’effet Brunner" pour défendre cette approche dans les femmes. (apic/be)

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