Pèlerins de Dieu sur les traces d’Ignace de Loyola (260791)
Xavier (Espagne), 26juillet(APIC) Pour marquer le 500e anniversaire de la
naissance d’Ignace de Loyola et le 450 anniversaire de la fondation de la
Compagnie de Jésus, 2’000 jeunes venus des cinq continents se sont lancés
dans l’aventure spirituelle d’un pèlerinage sur les routes d’Espagne. Partis de Lourdes le 20 juillet, ils ont traversé la Navarre. Au terme de cinq
jours de marche, ils sont arrivés à Xavier. C’est dans ce village que naquit en 1506 François Xavier, l’un des premiers compagnons d’Ignace. Il
évangélisa l’Inde et le Japon et mourut aux portes de la Chine.
Après s’être reconnus à Lourdes "tous d’une même terre, tous de terres
différentes", les pèlerins ont pris la route de la Navarre. Paysage grandiose, canyons arides, torrents déssechés, sonnailles des troupeaux qui
paissent tranquillement, fleurs des champs: la Création devient alors le
livre où chacun puise à profusion la sève qui alimente sa prière. Début de
la route, début de la grande aventure. Aventure personnelle: chacun est venu avec son désir, ses attentes, son corps et ses limites, ses peurs et son
espérance. Aventure en groupe de 12 personnes de cultures et de langues
différentes se mettant progressivement à l’unisson pour "ne faire plus
qu’un", à l’image de la première communauté de Jérusalem. Fidélité à la
communion fraternelle: les plus rapides attendent les plus lents, les plus
forts prennent parfois une partie de la charge de ceux qui sont moins rompus à la marche. Tous partagent la même table trois fois par jour. Fidélité
à la prière et à la fraction du pain, en cours de route ou le soir à l’étape.
Sous le signe de l’Alliance
A cette étape qui se voulait introduction à la relecture de la vie et de
la prière en même temps qu’à la grandeur et à la souffrance des hommes, la
nature a contribué à sa manière. Au terme d’une journée où chacun était invité "à ouvrit son coeur à ce qui dans sa propre vie est violence, refus,
raté, à tout ce qui barre la route à l’espérance", une violente tornade a
touché le campement. Elle a donné à chacun l’image concrète du combat qui
se vit au fond des coeurs. Pour beaucoup ce fut aussi l’occasion de communier concrètement dans leur chair avec les peuples qui périodiquement ont à
subir des cataclysmes qui dévastent les cultures, emportent les maisons,
menacent des vies humaines. Au terme de la lutte, un Magnificat en chaîne
rappelait à chacun "l’Alliance éternelle que Dieu établit avec toute chair
qui est sur la terre"(Gn.9,17). "Tout ce qui est est symbole, tout ce qui
arrive, parabole", dit Paul Claudel.
Laissez-vous réconcilier
Un des sommets spirituels de cette étape de Navarre restera pour beaucoup la soirée de réconciliation. Soirée qui a ouvert un espace de liberté
où chacun a pu vivre la ou les démarches qui engagent en vérité. Après la
proclamation de l’Evangile du fils prodigue, diverses démarches ont été
proposées: sacrement de réconciliation donné par les prêtres présents, rencontres de réconciliation entre pèlerins, partage d’une parole qui "fasse
grandir la fraternité", écriture d’une lettre de réconciliation à une personne absente ou au Seigneur, où chacun dépose son poids. Ces lettres ont
ensuite été déposées au pied d’une croix plantée pour l’occasion dans cette
terre de Navarre. En tout, ce sont quelque 250 lettres qui ont été écrites.
Réconciliés avec Dieu et avec leurs frères et soeurs, les pèlerins ont
atteint Xavier, où François les attendait pour leur poser la question
qu’Ignace lui avait un jour posée: "Que sert à l’homme de gagner l’univers
s’il vient à perdre son âme ?". (apic/ecl/sjb)