Pèlerins de Dieu sur les pas d’Ignace de Loyola (010891)
Loyola, 1eraoût(APIC) Après cinq longues journées de marche, les quelque
3’000 jeunes participant au pèlerinage organisé par les jésuites et les familles ignatiennes pour marquer le 450e anniversaire de la fondation de la
Compagnie de Jésus et le 500e anniversaire de la naissance de son fondateur
Ignace de Loyola sont arrivés à Xavier. Ils y ont goûté deux jours de repos
nécessaires pour l’âme et le corps. Après avoir installé tentes et duvets,
chacun a pu reprendre à son rythme la grande question qu’Ignace avait en
son temps posée à François Xavier ("Que sert à l’homme de gagner l’univers
s’il vient à perdre son âme ?") et se laisser interpeller. Ultime réflexion
avant l’arrivée à Loyola et la réponse personnelle à donner.
La première journée à Xavier a été consacrée à réparer les dégâts provoqués par la tempête dans la garde-robe limitée des pèlerins. Et ce au grand
déséspoir du maire de Xavier, qui a vu son terrain de vacances se transformer peu à peu en camp de gitans. Les peupliers étaient devenus des supports
idéaux pour les cordes à linge sur lesquelles sèchaient tee-shirts, shorts
et sacs de couchage.
Une fois cette tâche nécessaire accomplie, chacun a pu découvrir François Xavier et son époque au travers de plusieurs lieux évocateurs et symboliques: le château, qui représente l’enracinement humain, avec la chapelle où se trouve le Christ au visage souriant; l’église, qui fut celle du
compagnon d’Ignace; la statue et avec elle la vie missionnaire et le centre
spirituel qui permet d’aborder la culture de son temps. En début de soirée,
ce 24 juillet, chacun a pu visiter ces lieux. A l’ombre des murailles de
Xavier, les pèlerins ont aussi pu entendre deux témoins de notre temps qui
ont partagé leur expérience de chrétiens engagés dans le monde.
La journée du lendemain, baptisée "Désert et oasis", a permis à chacun
d’intérioriser les appels et les défis du monde moderne. Dans la soirée,
l’eucharistie rassemblait trois des quatres routes du pèlerinage sur l’esplanade du château de Xavier.
Pour fêter François, compagnon de la première heure, le capitaine de
Dieu qui selon les mots de Claudel "s’est mis en route vers l’Asie sans
phalanges, sans éléphants, sans armes et sans armées tenant fort la croix",
de jeunes pèlerins venus d’Asie et d’Afrique ont apporté le pain et le vin
au son de chants de leurs pays.
"Vous êtes les serviteurs de l’espérance"
Conscients des défis et des appels du monde, les pèlerins ont repris la
route pour l’ultime étape. Trois jours de marche à travers le pays basque
les ont conduits, au terme de leur voyage, à Loyola. Le 30 juillet, en la
veille de la fête du fondateur de la Compagnie de Jésus et de la clôture de
l’"Année ignatienne", tous se sont retrouvés dans la petite ville d’Azpeitia sur les marches de la basilique construite au XVIIIe siècle à côté de
la maison natale d’Ignace. La croix drapée des couleurs des quatre routes
du pèlerinage a rassemblé la prière de chacun en une immense gerbe d’action
de grâces entremêlée d’intercession pour le monde.
Ultime préparation spirituelle avant la grande fête du lendemain: une
veillée de prière dans le jardin du centre spirituel des Père jésuites. Elle a permis à chacun un dernier partage sur les expériences vécues durant
ces deux semaines. Mgr Albert Rouet, évêque auxiliaire de Paris, a parlé de
la mission des laïcs dans l’Eglise et pour le monde, invitant les jeunes à
être "les serviteurs de l’espérance" pour "bâtir le monde en humaine cathédrale". Maria-Lourdes Pintasilgo, premier ministre du Portugal en 1979 et
1980 et députée européenne de 1987 à 1989, qui réfléchit depuis longtemps
sur l’engagement de la femme dans la société et dans l’Eglise, a rappelé
aux jeunes que "chacun a un chemin unique même si nous faisons les mêmes
choses". Une messe solennelle a rassemblé tous les participants dans la basilique de Loyola en compagnie du roi d’Espagne Juan Carlos et de la reine
Sophie pour marquer la fin de l’"Année ignatienne". (apic/ecl/sjb)