Pèlerinage diocésain de Lausanne, Genève et Fribourg à Einsiedeln (260891)
Einsiedeln, 26août(APIC) Le pèlerinage annuel du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg à Einsiedeln s’est clôturé dimanche par une messe solennelle célébrée par Mgr Pierre Mamie dans la basilique de Notre-Dame des Ermites, terme d’une semaine de marche pour une trentaine de jeunes venus à
pied du Valais et de Fribourg. Accueillis samedi par quelque 300 pèlerins
venus en car, ils ont vécu le jour même une veillée animée par le chanteur
français Patrick Richard et une procession aux flambeaux devant le monastère bénédictin: l’occasion pour chacun de s’interroger sur sa vie de foi, de
vivre la fraternité et de renouveler sa confiance en Marie.
Samedi après-midi, les pèlerins s’étaient rassemblés sur le parvis de la
basilique pour accueillir les jeunes et leur offrir de l’eau et du pain béni. Retrouvailles toutes de simplicité et de fraternité pour des jeunes
partis de Sion le 17 août et de Fribourg le 19, arrivés au terme d’une marche de plus de cent kilomètres à travers la Suisse. Effort physique, pèlerinage du coeur avant tout: conduits par l’abbé Jean-Pascal Vacher, de Fribourg, et Pascal Dorsaz, de Sion, accompagnés de plusieurs aumôniers, ils
ont, au long des jours, à travers les joies et les difficultés, réfléchi à
leur vocation chrétienne et approfondi leur relation à Jésus et à Marie,
apprenant à découvrir la présence de l’Esprit-Saint dans leur vie de tous
les jours. Un thème a servi de fil rouge, celui de la VIe Journée mondiale
de la Jeunesse à Czestochowa: "Vous avez reçu un esprit de fils". A leur
arrivée dans la sainte chapelle, aux pieds de Notre-Dame des Ermites, les
jeunes ont témoigné de leurs découvertes tout au long de la route, à la
fois expérience personnelle avec Dieu et expérience d’Eglise.
Moment fort sur la route d’Einsiedeln, la rencontre au Ranft jeudi, la
patrie de saint Nicolas de Flüe, avec Mgr Amédée Grab, évêque auxiliaire de
Lausanne, Genève et Fribourg: l’occasion de réfléchir ensemble sur la
construction de l’Europe de demain et la contribution de la Suisse à l’avenir du continent. Les marcheurs rejoignaient les cyclistes, partis de Sion
le 15, pour vivre avec eux une veillée de prière et un échange fraternel.
Dans la simplicité et l’humour
Samedi soir, le théâtre du collège d’Einsiedeln s’emplissait des chants
de Patrick Richard, qui a conquis son public. Accompagné d’un orchestre improvisé - quelques jeunes musiciens étaient venus le seconder -, il a chanté "un Dieu qui s’intéresse à l’homme" et fait de lui un être debout malgré
les difficultés de l’existence, invitant chacun à "dire son ’oui’ à l’amour
pour composer la partition de la Création". Les jeunes se sont joints à Patrick Richard, frappant des mains et envahissant la scène pour manifester
leur joie.
Accueillis à l’abbaye bénédictine d’Einsiedeln, les pèlerins ont aussi
découvert la vie de leurs hôtes à travers un mot de l’abbé, Mgr Georg Holzherr, et le témoignage plein d’humour du Père Christophe, maître des novices: une vie de travail et de service dans le respect de chacun, ordonnée à
la recherche de Dieu selon la Règle de saint Benoît; une vie faite de rencontres, qui sont autant d’occasions de trouver Dieu. Elle attire aujourd’hui encore, puisque la communauté accueillera cinq novices cet automne.
Le lendemain, la messe conventuelle célébrée dans la basilique par Mgr
Mamie et animée par Patrick Richard a permis à l’évêque de rappeler aux pèlerins la présence constante de Marie à leurs côtés et leur vocation chrétienne, qui est de faire de leur vie un "oui" à Dieu dans la fidélité à
l’Eglise et à la prière.
La marche, temps fort de communion
La marche a été pour tous les jeunes une expérience unique de solidarité
et de communion et l’occasion d’un partage en profondeur dans "une cohésion, une intimité entre les participants"; un temps de "partage de sa vie
spirituelle avec d’autres croyants". Expérience de ses propres limites,
surtout lorsque la montée se fait raide et le soleil brûlant: "J’ai découvert beaucoup de lacunes en moi et que j’ai besoin des autres", "je me suis
senti très pauvre", "marcher en groupe m’a aidé à avancer". Meilleure connaissance de chacun, facilitée par le nombre restreint des jeunes, qui a
permis de vivre la complémentarité: "On s’épaule l’un l’autre", "la marche
fut un réel enrichissement réciproque".
Redécouverte de la saveur de l’eucharistie et de la présence de Marie à
travers la prière du chapelet: "J’ai apprécié le chapelet, je vais prier
plus Marie", "j’ai aimé les eucharisties quotidiennes: ça change des messes
en paroisse !". La marche, coeur à coeur avec Dieu, mais aussi expérience
d’Eglise, vécue très fortement au long de jours: "J’ai vraiment vécu une
expérience d’Eglise", "j’ai appris à aimer l’Eglise". A l’intime du coeur,
"appel", découverte d’"une Présence qui me pousse en avant". Pour Pascal,
séminariste, ce pèlerinage "confirme l’appel du Seigneur: je sais de plus
en plus pourquoi j’étudie". Pour Dominique, ce pèlerinage a été une découverte des racines chrétiennes de la Suisse, "qui a de grandes valeurs spirituelles". Et ce clin d’oeil de deux jeunes religieuses franciscaines polonaises, qui ont fait le chemin depuis Fribourg: "Nous nous sentons très
bien dans l’Eglise de Suisse, grâce à vous nous l’aimons". (apic/cor)