Pèlerinage biblique romand en Terre Sainte (030191)
Saint-Maurice, 3janvier(APIC) Une quinzaine de personnes de Suisse Romande ont participé du 23 au 30 décembre 1990 à un pèlerinage en Terre Sainte
organisé par les Pèlerinages Bibliques de Suisse Romande (PBR). Le Frère
Jean-Pierre Babey, capucin, un des animateurs du pèlerinage, a confié à
l’agence APIC ses impressions devant la situation politique tendue que vivent les habitants des Territoires occupés. Les responsables des communautés chrétiennes en Terre Sainte ont exprimé à la délégation suisse romande
leur profonde inquiétude née des tensions actuelles, liées à l’occupation
israélienne, mais aussi leur angoisse face à la perspective du déclenchement possible d’une guerre dans le Golfe.
Cette année, les pèlerins venus d’Europe furent beaucoup moins nombreux
que d’habitude. Une agence de voyages milanaise qui préparait normalement
le pèlerinage pour 400 personnes n’a enregistré cette année que 20 inscriptions. Pourtant, rapporte Jean-Pierre Babey, les responsables des communautés chrétiennes ont exprimé combien ces visites quasi-symboliques étaient
importantes pour eux: "Ne nous laissez pas tomber! La sécurité des Européens n’est pas en jeu, mais par contre notre vie est au bord de l’asphyxie.
Vous êtes les seuls qui pouvez nous donner l’oxygène dont nous avons besoin
pour tenir la tête hors de l’eau".
Effectivement, continue Frère Jean-Pierre, si les contrôles de sécurité
au départ et à la rentrée sont pénibles pour les pèlerins, ce n’est rien à
côté de ce que doivent subir les habitants des Territoires occupés. A Bethléem, par exemple, la nuit de Noël, la présence de l’armée et de la police
israélienne était telle que l’on pouvait penser à l’ordre du roi Hérode. La
ville morte est apparue dans toute son horreur. Mais cette présence militaire n’a pas empêché la délégation de visiter l’hôpital Caritas de Béthléem. Le personnel et les responsables se sont d’ailleurs déclarés enchantés
de recevoir un groupe de pèlerins après des mois de silence.
La découverte de la vie des Palestiniens, dans le contexte conflictuel
actuel, a impressionné les pèlerins romands. L’augmentation énorme du chômage, la sécheresse, la répression israélienne, l’arrivée massive des Juifs
originaires d’URSS et d’Ethiopie augmentent dangereusement l’oppression
exercée contre les Palestiniens. L’étau se resserre. Il faut compter aussi
avec l’humiliation quotidienne. Les Palestiniens étouffent dans les Territoires occupés. L’avenir est désespérant. Que leur reste-t-il? Renforcer
l’intifada d’un cran ou s’exiler. Mais où aller? Dans ce contexte, la présence de pèlerins ou de touristes attentifs est vraiment un ballon d’oxygène. (apic/jpb/ba)