Pékin proteste contre l’élévation au cardinalat (170691)
"Une ingérence dans les affaires intérieures"
Rome/Pékin, 17juin(APIC) La Chine a vivement protesté lundi 17 juin contre l’élévation au cardinalat de Mgr Ignatius Gong Pinmei, l’évêque de
Shanghai vivant en exil aux Etats-Unis après avoir passé 30 ans dans les
prisons chinoises. Selon un porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, cité par la télévision d’Etat chinoise, la nomination de Mgr
Gong Pinmei "est inacceptable et constitue un nouvel obstacle au développement des relations entre la Chine et le Vatican". Au moment même où la Chine élevait sa protestation, le pape recevait le nouvel ambassadeur de Taïwan près le Saint-Siège venu lui présenter lundi ses lettres de créances.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois a en outre
qualifié cette nomination "d’ingérence dans les affaires intérieures" de
son pays. Mgr Gong Pinmei a été nommé cardinal par Jean Paul II en 1979.
Mais sa nomination avait été tenue réservée "in pectore", c’est-à-dire
qu’elle n’avait pas été officiellement annoncée pour ne pas compromettre la
sécurité du prélat. Le 29 mai dernier, Jean Paul II, en révélant les noms
de 22 nouveaux cardinaux, a rendu public celui de Mgr Pinmei.
Le cardinal Gong Pinmei, 89 ans, vit actuellement au Etats-Unis. Il sera
créé cardinal le 28 juin prochain, en compagnie des 22 cardinaux récemment
désignés. La Chine et le Vatican ont interrompu leurs relations diplomatiques en 1957. L’Eglise catholique en Chine est actuellement divisée entre
une Eglise dite "patriotique", reconnue officiellement, et une Eglise non
reconnue ou clandestine, persécutée par le régime. Pour avoir une existence
légale, les catholiques chinois doivent adhérer à l’"Association patriotique des catholiques de Chine" (APCC).
Dans une récente interview, Mgr Gong Pinmei, qui a passé 3 décennies en
prison - de 1955 à 1985 - a déclaré que beaucoup de catholiques chinois se
trouvent maintenant encore en prison ou dans des camps de travail. La Chine
populaire exige du Vatican qu’il interrompe ses relations diplomatiques
avec la Chine nationaliste. Coïncidence ? Le pape Jean Paul II accueillait
justement lundi au Vatican Sieou-je Hoang, le nouvel ambassadeur de Taïwan
près le Saint-Siège.
Au cours du discours prononcé lors de la présentation des lettres de
créances du nouvel ambassadeur, le pape n’a pas fait d’allusion directe aux
relations entre la Chine et le Saint-Siège. Il a cependant relevé que
l’Eglise est convaincue que les gouvernement des pays dans le monde réaliseront de plus en plus qu’il est impératif de créer les conditions de liberté qui mettent l’homme dans la possibilité de satisfaire ses besoins
spirituels. "Le respect pour la liberté de penser, de conscience et de religion, a souligné le pape, est essentiel pour le développement humain et
pour l’harmonie sociale des nations". (apic/jt/pr)