Peine de mort - Complément au dossier publié le 6 décembre
Fribourg, 7décembre(APIC) La position face à la peine de mort adoptée par
les Eglises protestante, catholique-chrétienne et catholique de Suisse et
en particulier par la Conférence des évêques suisses (CES) dans le message
des Eglise signé, pour l’Eglise catholique, par le président de la Conférence, Mgr Joseph Candolfi, rejoint celle des Conférences épiscopales du
Canada et de France, notamment. Cette dernière, par sa Commission sociale,
avait publié le 23 janvier 1978 déjà un texte dans lequel elle disait réprouver la peine de mort et demandait son abolition.
Du côté du Vatican cependant, aucun document officiel n’a été publié au
sujet de la peine de mort. Ce qu’a d’ailleurs confirmé à l’agence APIC le
sous-secrétaire du Conseil pontifical "Justice et Paix", Mgr Diarmuid Martin. Ce dernier rappelle cependant les déclarations faites au Luxembourg en
mai 1981 par le nonce apostolique auprès de la Communauté européenne lors
de la 12e Conférence des ministres européens de la Justice.
Interrogé sur l’attitude de l’Eglise à propos de la peine capitale, Mgr
Martin avait déclaré: "Je ne parle pas, ici, de la position de l’Etat de la
Cité du Vatican où la peine de mort a été abolie depuis plusieurs années
sans y avoir jamais été appliquée. Je parle plutôt de la position de
l’Eglise universelle comme telle. Le Code de droit canon ne traite point de
la peine de mort, il la considère comme appartenant plutôt à l’odre politique". Le fait qu’une condamnation du principe n’a pas été donnée jusqu’ici
par l’Eglise n’enlève rien à l’urgence de travailler à faire reculer la
peine de mort et à développer les raisons morales et sociales qui peuvent y
aider, avait-il ajouté.
Pour sa part, s’adressant à une centaine de juges et d’avocats le 10 novembre 1980 à l’occasion du trentième anniversaire de la Convention européenne des droits de l’homme, le pape Jean Paul II avait cité l’article 2
de la Convention: "Le droit de toute personne à la vie est protégé par la
loi. La mort ne peut être infligée à quiconque intentionnellement, sauf en
exécution d’une sentence capitale prononcée par un tribunal au cas où le
délit est puni de cette peine selon la loi". Citation qui avait conduit le
quotidien français "Le Monde" à titrer: "Jean Paul II reconnaît indirectement la légitimité de la peine de mort". Ce à quoi le Vatican avait fait
remarquer que le fait de citer un article de cette Convention par le pape
ne signifie pas une prise de position nouvelle sur la question.
Quant à Alberto Bondolfi, s’exprimant le 9 mai 1987 à Neuchâtel sur les
problèmes éthiques et théologiques de la peine de mort, il avait exprimé
l’espoir que le Saint-Siège et le Conseil oecuménique des Eglises (COE)
puissent arriver assez tôt à des considérations éthiques et morales et des
déclarations aussi explicites sur la peine capitale que celles de différents épiscopats catholiques et des Eglises protestantes. (apic/pr)