Urria (Pays basque), 23octobre(APIC/CIP) Après Amsterdam en 1983 et Turin
en 1985, c’est au Pays basque que s’est tenu cette année, dans la deuxième
semaine d’octobre, le Congrès des Communautés chrétiennes de base des
Peuples de l’Europe. Les mille participants étaient venus d’Espagne, du
Pays basque, de France, de Belgique, des Pays-Bas, d’Italie, d’Angleterre
et d’Ecosse.
Tous ont été accueillis à Euskal Herria, le peuple qui parle l’euskara,
dont les communautés se trouvent intégrées à une population de près de 3
millions d’habitants répartis de part et d’autre des Pyrénées, en territoires français et espagnol. Les organisateurs avaient tenu à mettre nettement
l’accent sur l’homogénéité du peuple basque et son aspiration à l’autodétermination, invitant "plusieurs peuples et nations d’Europe autour de
l’arbre de Gernika". Comme le précise la "Déclaration publique en faveur de
la liberté et de la paix entre les peuples" publiée à l’issue de la rencontre, cet arbre est porteur d’un double symbole : "pour le Peuple Basque,
peuple sans Etat, il symbolise, depuis des siècles, la lutte pour exister
en Europe en tant que peuple responsable de son destin; pour tous les
Peuples et Nations d’Europe, il rappelle le bombardement d’avril 1937 - immortalisé par Picasso -, qui a été le point de départ d’une mécanique de
destruction qui a abouti à Auschwitz et au génocide".
Mécanismes d’oppression et réalités porteuses d’avenir
Les Communautés de base présentes au Congrès vivent des situations et
formulent des analyses différentes. "Malgré cette diversité, affirme la
déclaration finale, elles sont toutes confrontées aujourd’hui à de nouveaux
mécanismes complexes, de nature à la fois économique, politique et sociale,
qui marginalisent structurellement des millions d’hommes et de femmes, individuellement et collectivement. Ces mécanismes ont pour effet le chomage
et le travail précaire, en meme temps qu’ils favorisent les puissants. Ils
encouragent le racisme, renforcent le développement de l’idéologie du plus
fort jusque dans l’éducation, accentuent la centralisation du pouvoir réel
au détriment du respect des cultures et des langues minoritaires. Ils conduisent à la remise en cause du statut des étrangers, et notamment des
réfugiés, à l’appropriation par quelques-uns des moyens de communication, à
une perte de puissance de la démocratie formelle".
La déclaration signale aussi des réalités porteuses d’avenir sur lesquelles s’appuient les Communautés de base : "le rapprochement de certains
peuples d’Europe, et notamment de ceux que l’on disait "ennemis héréditaires"; le développement de la démocratie associative; l’évolution, bien
qu’inachevée, vers plus d’égalité entre les hommes et les femmes; le refus
très partagé de la guerre, du militarisme et de la course aux armements;
l’existence d’un mouvement des Communautés Chrétiennes de Base à l’échelle
européenne".
Un engagement pour la paix
En dénonçant les mécanismes d’exclusion et en oeuvrant à un rapprochement entre les peuples, les participants ont la conviction de contribuer à
construire la paix. "Dans notre fidélité évangélique aux pauvres et aux
opprimés, ainsi qu’à tous ceux qui luttent pour la liberté, la justice et
la paix, ajoutent-ils, nous nous engageons à susciter et stimuler un style
d’Eglises chrétiennes par la fraternité et le service des plus pauvres,
dans lesquelles on favorisera les droits des personnes et des groupes, et
spécialement l’égalité des femmes et la pluralité des ministères. Nous voulons des Eglises qui soient universelles, non de par leur autorité ou leur
nombre, mais par leur solidarité et leur engagement libérateur dans
l’évangélisation de tous les peuples". (apic/cip/cor)