Pays-Bas: une commission interdiocésaine (070793)
Haarlem, 7juillet(APIC) En effervescence depuis plusieurs semaines, le
diocèse de Haarlem, aux Pays-Bas, a mis sur pied un "comité de sages" pour
tenter d’apaiser le conflit qui oppose l’évêque, Mgr Bomers, à la majorité
de son clergé et des fidèles.
Font partie de cette commission l’"ombudsman" du diocèse d’Utrecht, un
ancien bourgmestre, le responsable de l’officialité (tribunal diocésain) de
Breda, la présidente du Conseil catholique "Eglise et Société", les vicaires généraux J. M. Punt (Roermond) et A. J. Vremeulen (Utrecht). Les observateurs s’étonnent de ne pas trouver parmi eux Mgr Lescrauwaet, évêque auxiliaire de Harlem, malgré la recommandation expresse de Mgr Bomers.
Le comité commencera par dresser un inventaire des problèmes à traiter
et par les sérier. Il aura ensuite des entretiens avec différents partenaires: Mgr Bomers, le Conseil presbytéral, l’assemblée des doyens, le staf du
centre de formation au sacerdoce du diocèse et éventuellement d’autres instances. Le comité espère avoir terminé ces consultations au plus tôt de
façon à remettre ses conclusions avant le 1er novembre.
Mgr Bomers, 57 ans, est évêque de Haarlem depuis 1983. Il a été mis au
ban de son diocèse (duquel relève Amsterdam), par l’association des travailleurs pastoraux, qui a réclamé sa démission dans une déclaration publiée le 24 mai dernier. Les 170 prêtres (sur les 251 que compte le diocèse) et la quasi totalité des 66 travailleurs pastoraux qui forment cette
association ont "honte de la façon dont Mgr Bomers frustre et décourage
notre diocèse depuis bientôt dix ans", "honte d’un tel évêque".
L’association, qui considère le siège de Haarlem vacant, reproche à Mgr
Bomers sa vision unilatérale de l’Eglise, qui le rend inapte au dialogue et
à toute forme de collaboration. Passant outre aux conseils de ses plus proches collaborateurs, l’évêque confie des responsabilités à des prêtres qui
n’ont pas les qualités requises, ordonne des candidats inaptes au sacerdoce, soutient des "initiatives réactionnaires", affirme l’association. Mgr
Bomers ne se contente pas d’être isolé de tous, fidèles, prêtres, doyens,
collaborateurs à l’évêché, il suscite lui-même la polarisation, peut-on lire dans sa déclaration.
Fin mai, une délégation mandatée par les doyens de Haarlem a rencontré
Mgr Lemaître (Belgique), nonce apostolique aux Pays-Bas, pour lui expliquer
que la situation était devenue "intenable". Cette démarche avait été effectuée après que le vicaire du vicaire général Dürr eut menacé de démissionner en raison de "difficultés insurmontables".
L’évêque s’est vu reprocher également d’avoir donné son accord à l’installation dans le diocèse d’un "convict" (centre de formation) pour les
prêtres du "Chemin néo-catéchuménal". Le mois dernier, l’équipe du centre
Saint-Willibrord (Séminaire diocésain), a offert sa démission pour protester contre cette décision sur laquelle elle n’a jamais été consultée.
(apic/cip/cb)