Pays-Bas: L’évêque de Haarlem persona non grata dans son diocèse (260593)
demandent la démission de Mgr Hendrik Bomers
La Haye, 26mai(APIC) L’Eglise catholique aux Pays-Bas est à nouveau sous
tension. Mgr Hendrik Joseph Alois Bomers, évêque de Haarlem, a été déclaré
persona non grata dans son propre diocèse par l’Association des travailleurs pastoraux du diocèse, qui regroupe la grande majorité des prêtres,
des assistants pastoraux et des diacres actifs dans le diocèse. C’est à
l’unanimité que la démission de l’évêque a été demandée, annonce l’agence
de presse néerlandaise ANP. La semaine précédente, une délégation mandatée
par les doyens de Haarlem avait interpellé le nonce apostolique aux PaysBas, Mgr Henri Lemaître, sur la situation "intenable" dans le diocèse.
L’Association des travailleurs pastoraux compte dans ses rangs 170 des
251 prêtres du diocèse, la quasi-totalité des 66 assistants pastoraux et
plusieurs diacres. Les doyens de leur côté se déclarent incapables de "sauver les apparences", étant donné qu’ils apprennent pratiquement toutes les
décisions de leur évêque par les journaux.
"Nous estimons que le siège épiscopal de Haarlem est vacant"
Les membres de l’Association des travailleurs pastoraux disent textuellement qu’ils ont "honte de la façon dont Mgr Bomers frustre et décourage
notre diocèse depuis bientôt 10 ans. Nous avons honte d’avoir un tel évêque. Il a démontré qu’il n’est pas apte à diriger notre diocèse. Pastoralement parlant, nous estimons que le siège épiscopal de Haarlem est vacant".
Concrètement, les prêtres, les diacres et les assistants pastoraux du
diocèse de Haarlem se plaignent que leur évêque, d’une manière simplificatrice, mette sur le même plan sa vision unilatérale de l’Eglise et de la
Tradition, et l’action de l’Esprit-Saint. Toute discussion sur la foi avec
Mgr Bomers est d’emblée impossible, comme toute vraie collaboration,
affirment-ils. Contre le conseil de ses plus proches collaborateurs, il
nomme des curés qui n’ont pas les capacités requises, ordonne des candidats
qui ne sont pas aptes au sacerdoce et soutient des "initiatives réactionnaires".
L’évêque, poursuit l’Association des travailleurs pastoraux, est isolé
de tous, des fidèles, des prêtres, des doyens, de son conseil presbytéral
et de ses collaborateurs à l’évêché.
Mgr Bomers - qui jusqu’à sa nomination en 1983 à la tête du diocèse
d’Haarlem avait travaillé en Ethiopie -, ne favorise pas l’unité entre les
fidèles, mais provoque lui-même la polarisation, lancent encore les signataires, qui reprochent encore à leur évêque d’avoir la semaine dernière
donné son accord pour la création d’un convict pour les prêtres du "Chemin
néocatéchuménal" dans le diocèse de Haarlem.
Trois sièges épiscopaux vacants sur sept
A l’heure actuelle, trois sièges épiscopaux sur sept sont vacants aux
Pays-Bas. En raison de la crise qui secoue l’Eglise catholique aux Pays-Bas
et "pour résoudre la crise de direction", trois professeurs de théologie
émérites de l’Université catholique de Nimègue ont récemment demandé la démission collective des quatre évêques diocésains encore en fonction, à savoir l’archevêque d’Utrecht, le cardinal Simonis, Mgr Johann Möller, évêque
de Groningue, Mgr Joannes ter Schure, évêque de ’s-Hertogenbosch (Bois-leDuc), ainsi que l’évêque de Haarlem, Mgr Bomers.
Actuellement, depuis la démission l’an dernier pour raison d’âge de Mgr
Hubertus Ernst, le siège de Breda est vacant, ainsi que ceux de Roermond après le retrait pour maladie de Mgr Joannes Gijsen, un prélat passant pour
très conservateur - et de Rotterdam. Dans ce dernier cas, Mgr Ronald Bär a
dû précipitamment quitter ses fonctions à la tête du diocèse de Rotterdam
en mars dernier suite à des rumeurs répandues sur sa vie privée. L’évêque
de Rotterdam jouait un rôle médiateur entre les divers courants d’un catholicisme néerlandais très polarisé. (apic/kap/ba/be)