Pays-Bas: critiques du Vatican contre la loi sur l’euthanasie (210293)
Rome/La Haye, 21février(APIC) Les violentes critiques énoncées au Vatican
contre la nouvelle loi sur l’euthanasie votée récemment par le parlement
hollandais, provoquent des tensions entre le gouvernement des Pays-Bas et
le Saint-Siège. Un membre de la Curie a en effet comparé ces dispositions
au national-socialisme d’Hitler et "L’Osservatore romano" parle de "barbarie". Le gouvernement a l’intention de convoquer le nonce apostolique pour
obtenir des explications.
Pour le Vatican, les Pays-Bas ont choisi avec cette loi "le chemin d’une
culture de mort". L’euthanasie, comme l’avortement est une "barbarie" écrit
"L’Osservatore romano" dans son édition de dimanche. La loi votée par le
parlement il y a dix jours "porte atteinte aux principes juridiques et
éthiques fondamentaux". Faisant le lien entre euthanasie et avortement, le
journal remarque que si on ne respecte pas la vie à naître, on en vient tôt
ou tard à ne plus respecter la vie déjà née et développée.
Sans le vouloir peut-être, on marche vers "une sélection plus rigoureuse
et plus drastique de la vie". Ce manque de respect pour la dignité de la
vie est le fruit de la culture néo-capitaliste sécularisée qui juge de la
qualité de la vie d’après l’utilité et l’efficacité. Le commentateur, qui
en appelle à une réaction immédiate, craint que l’approbation de motifs
pseudo-humanitaires, comme celui de ne pas laisser souffrir les patients,
n’ouvre la porte à d’autres développements. Dans le cadre des problèmes de
la croissance démographique, voire même de la "sélection raciale".
Plus sévère encore Mgr Elio Sgreccia, secrétaire du Conseil pontifical
pour la famille, qui, mercredi sur Radio Vatican, a fait une comparaison
avec les dispositions du national-socialisme de l’Allemagne hitlérienne.
"Pour Hitler, les juifs ou les malades mentaux n’étaient pas utiles. Pour
la société actuelle, qui par rapport à l’époque hitlérienne est plus hédoniste, la même réflexion prévaut", a relevé Mgr Sgreccia.
Le gouvernement hollandais a rejeté les accusations étrangères contre la
nouvelle loi. Le Premier ministre Ruud Lubbers, qui est catholique, s’est
déclaré choqué par la réaction du Vatican. Il avait admis la semaine dernière que la loi devait être mieux expliquée. Il a annoncé qu’il voulait
demander une rencontre avec le nonce aposotlique aux Pays-Bas, Mgr Henri
Lemaître, pour en parler. Le Premier ministre remarque en outre que le canal normal des relations diplomatiques aurait été le premier moyen pour
faire part de divergences d’opinion. Le ministre des Affaires étrangères,
Peter Koojmans, a déclaré que la Haye convoquerait le nonce pour obtenir
des éclaircissements sur les déclarations de Mgr Sgreccia.
Le cardinal Simonis, archevêque d’Utrecht, qui avait lui aussi émis des
critiques, s’est cependant distancé des déclarations de Mgr Sgreccia.
(apic/cic/kna/eg/mp)