Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    L’analyse du cardinal Danneels sur les récents événements dans le monde

    Pays-Bas: Congrès de Pax Christi International (290991)

    Utrecht, 29septembre(APIC) "L’identité nationale est une force positive

    pour autant qu’elle vise l’émancipation des peuples dont l’identité a été

    opprimée ou limitée en raison des circonstances historiques. Mais il doit

    être évident pour tout chrétien que la personne humaine possède des droits

    intrinsèques qui doivent primer sur ceux de l’Etat, de la nation ou de

    n’importe quelle communauté". C’est ce qu’a rappelé à Utrecht le cardinal

    Godfried Danneels, lors de l’ouverture de la conférence internationale organisée par Pax Christi sur la dignité humaine, la démocratie et la nonviolence, en évoquant les conflits nationalistes dans l’ex-europe de l’Est.

    L’archevêque de Malines-Bruxelles, qui est également président de Pax

    Christi International, a averti que "le nationalisme ethnique a toujours

    comporté un danger d’intolérance et de violence, parce qu’il porte les gens

    à se définir en termes exclusivement ethniques et parce qu’il comporte pour

    la majorité la tentation de porter atteinte aux droits des minorités".

    La Conférence internationale de Pax Christi qui s’est achèvée vendredi

    27 septembre, aborde le thème du "nouvel ordre mondial", aussi bien à l’Ouest que dans l’ancienne Europe de l’Est et dans "le Tiers-Monde. Le titre

    de l’exposé du cardinal Danneels: "Des mondes différents, des mondes ensemble", rend compte de la situation ambiguë du monde en 1991, a-t-il expliqué, un monde "à mi-chemin entre la division eet l’unité, déchiré entre

    l’espoir et l’illusion".

    Le cardinal s’est prononcé égalememt sur les récents événements survenus

    ces dernières années: 1989 la libération de l’Europe de l’Est; 1990: la

    crainte d’un naufrage du tiers-monde; 1991: la guerre du golfe, la crise en

    Yougoslavie et les bouleversements en URSS.

    Concernant la crise en Yougoslavie, l’archevêque de Malines-Bruxelles a

    déclaré qu’il "continue de croire à une solution pacifique, par le biais de

    la négociation et de l’arbitrage, pour autant que l’échec de la Communauté

    européenne et de la Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe

    (CSCE) ne conduise pas les autorités sur place à renoncer à leurs efforts".

    A propos de l’Union soviétique, le cardinal Danneels a confirmé les

    liens amicaux avec l’Eglise russe, en exprimant l’espoir que "l’Eglise

    orthodoxe russe ne considérera pas l’Eglise catholique romaine comme une

    rivale, mais comme un partenaire en vue de travailler ensemble à la tâche

    que le Christ nous confie".

    Le Sud: un grand défi pour demain

    Mais le plus grand défi pour demain reste, du point de vue d’un public

    "des trois mondes", le problème de "la formidable ligne de démarcation qui

    sépare des pays du Nord encore plus solidement unis et un Sud encore plus

    appauvri". Aux yeux du cardinal Danneels, "la victoire sur les oppositions

    Est-Ouest a agrandi encore la crevasse entre le Nord et le Sud. Tandis que

    l’Europe continue de se battre pour le retour de la liberté à l’Est, les

    problèmes du Sud sont relégués à un second plan dans tous les agendas politiques". En attendant, "la pauvreté et la faim, les conflits armés et les

    violations des droits humains restent une réalité quotidienne pour beaucoup

    de peuples".

    Un exemple concret de cet "oubli" dont sont victimes les nations du Sud

    est la crise financière qui grève le Tiers-Monde de façon insupportable. Le

    président de la Conférence épiscopale belge l’a rappelé: "Pax Christi persiste à soutenir que les gouvernements des pays riches doivent revoir les

    relations économiques internationales. Ce n’est que de cette manière que

    les nations du Tiers-Monde pourront prendre leur destinée en main".

    Le cardinal Danneels estime d’ailleurs que la célébration du 500e anniversaire de l’évangélisation de l’Amérique ne peut prendre en considération

    la seule évangélisation. Elle doit être également une occasion de "démasquer les processus de domination qui assujettissent encore les peuples du

    Tiers-Monde".

    L’étranger: un test

    En ce qui concerne l’Ouest, le cardinal met le doigt sur le danger qui

    guette l’Europe, celui de "ne se développer que comme une forteresse d’auto-suffisance. Et de constater que "tandis que les frontières intérieures

    disparaissent, les frontières extérieures se renforcent".

    A ce sujet, il réclame une attention spéciale pour l’étranger et le réfugié: "le degré de justice de nos société peut se mesurer à la manière

    dont elles traitent les étrangers...J’ai de l’admiration pour les personnes

    et les groupes qui, souvent à partir d’un arrière-fond chrétien, apportent

    aide et soutien à ces groupes".

    Un exemple frappant de la domination croissante de l’Ouest sur le Sud

    reste la guerre du Golfe, que le cardinal présente comme "un exemple de la

    nouvelle hégémonie occidentale sur le Sud" et comme une intervention militaire "qui n’était pas dictée par le souci de préserver le droit des

    peuples à disposer d’eux-mêmes mais par celui de garantir aux Occidentaux

    l’accès aux sources d’énergie". Ce qu’illustre de même le sort des Kurdes

    et des Palestiniens, "des peuples sans Etat qui ne sont qu’un jouet dans le

    bras-de-fer international.

    Un processus fragile, mais prometteur

    Des bouleversements positifs? Le cardinal Danneels les voit dans les

    "vents du changement qui ont libéré les peuples des systèmes dictatoriaux,

    tant en Europe de l’Est que dans le Sud. Dans de nombreux pays du Tiersmonde également ceux qui détiennent le pouvoir commencent à prendre conscience qu’aucune société juste ne peut être bâtie sans une réelle participation du peuple. Partout, en Amérique latine, dans le Sud-Est asiatique et

    en Afrique, nous sommes témoins du même processus de démocratisation. Même

    si cela reste un processus fragile, comme peut nous le montrer l’évolution

    au Pakistan, en Argentine et au Pilippines".

    Positif encore le fait que "la communauté mondiale est toujours plus ouverte à l’idée que le principe de non-intervention dans les affaires intérieures d’un autre pays doit, en cas de violation systématique des droits

    de l’homme, céder le pas au principe des droits de l’homme comme valeurs

    universelles".

    Une telle position n’est pas sans risques, avertit le cardinal, en renvoyant au rôle du Conseil de sécurité, à condition que, dans sa composition, il soit "le reflet du monde d’aujourd’hui, et non de celui d’il y a

    45 ans".

    L’Eglise dans une société pluraliste et ouverte

    En conclusion, le cardinal Danneels parle de l’apport spécifique de

    l’Eglise et de mouvements tels que Pax Christi dans un monde qui connaît

    des changements rapides.

    Dans un monde sécularisé, où il décele des aspects aussi bien positifs

    que négatifs, le cardinal plaide pour "une société pluraliste et ouverte où

    l’Eglise a également la place qui est la sienne". Cette pluriformité, qui

    regarde aussi les valeurs, ne peut déboucher sur la création de ghettos;

    elle est au contraire pour l’Eglise une invitation pressante au dialogue.

    Cela semble être aux yeux du cardinal une contribution spécifique de

    l’Eglise, "contribution à la formation communautaire, comme contrepoids à

    l’individualisme croissant. Les Eglises doivent devenir des lieux de réconciliation, même s’il ne peut y avoir de réconciliation qui sacrifie les

    droits de l’homme et la vérité". Tel est bien, a conclu le cardinal Danneels, la mission de Pax Christi: Etre levain dans la société, pour y former

    "des groupes modestes, mais dévoués, capables d’apporter une contribution

    essentielle à un renouveau". (apic/cip/sjb)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus