Pays-Bas: Congrès de la Fédération (280890)
Pour l’instauration d’un sacerdoce marié et accessible aux femmes
Utrecht,28août(APIC) Deux cents prêtres mariés et leurs épouses se sont
réunis pour le deuxième Congrès international de la Fédération internationale des prêtres catholiques mariés (FIPCM), à Doorn près d’Utrecht (PaysBas) du 19 au 24 août. Créée à Paris en 1985, celle-ci réunit vingt-six organisations affiliées dans dix-sept pays, dont la Suisse.
Les discussions du Congrès, dont le thème était "A monde nouveau, ministère nouveau", ont été introduites par trois docteurs en théologie. Nico
Schreurs (Pays-Bas) et Anthony Padovano (USA) "ont étudié les conséquences
de l’enseignement de Vatican II pour le ministère du prêtre, appelé à inspirer et à guider le peuple de Dieu en mission dans le monde pour y donner
le témoignage de l’amour du Christ", précise le communiqué final. Margarita
Pintos, professeur de théologie à Madrid, a étudié de son côté le rôle de
la femme dans le ministère de l’Eglise.
A l’issue des débats, quatre conclusions visant au renouveau du ministère du prêtre ont été adoptées à l’unanimité: "la nécessité de disposer dans
l’Eglise latine non seulement d’un sacerdoce célibataire, mais aussi d’un
sacerdoce marié; la nécessité de disposer de prêtres qui, en plus de leurs
fonctions sacrées dans la communauté, participent à la vie quotidienne du
monde dans la famille, la profession, la vie sociale et politique; un ministère du prêtre basé non seulement sur le choix et l’ordination par l’évêque, mais aussi sur le choix de la communauté; un ministère du prêtre accessible dans sa plénitude aux femmes".
Le Congrès a décidé de transmettre ces conclusions au prochain Synode
des évêques, qui se tiendra à Rome sur la formation des prêtres du 30 septembre au 28 octobre prochains.
Le cas de la Tchécoslovaquie
Sur proposition des délégués de la Tchécoslovaquie, une recommandation a
été adressée aux autorités religieuses pour qu’elles n’empêchent pas le ministère du grand nombre d’hommes mariés de ce pays, qui ont reçu dans
"l’Eglise souterraine" l’ordination au sacerdoce et à l’épiscopat.
Au moment de la visite de Jean-Paul II en Tchécoslovaquie en avril dernier, des bruits avaient refait surface dans le pays, selon lesquels l’abbé
Felix Davidek, scientifique et évêque "clandestin" de Brno, en Moravie, aurait procédé à plusieurs centaines d’ordinations sacerdotales en secret. F.
Davidek, aujourd’hui décédé, aurait ordonné au diaconat et au sacerdoce non
seulement des hommes mariés, mais aussi des femmes. Selon un journaliste de
l’hebdomadaire catholique "Die Furche", édité à Vienne, le cardinal Joseph
Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, s’occuperait de ces cas. Toujours à l’occasion de la visite du pape, la presse catholique suisse avait révélé que l’un des évêques "clandestins" de Tchécoslovaquie, Jan Blaha, s’était rendu à Rome pour réclamer la reconnaissance
de l’Eglise clandestine. Elle estimait de son côté à quelque 350 le nombre
de prêtres, parmi lesquels des gens mariés, ordonnés par les évêques clandestins, pour lesquels se pose le problème de la succession apostolique.
Dans son édition du 22 avril 1990 (second jour de la visite du pape), le
journal catholique "Katolicky Tydenik" écrivait de son côté, dans un article signé par l’abbé Vaclav Maly, curé de Saint Gabriel à Prague, que Karol
Wojtyla, l’actuel Jean-Paul II, entretenait des relations étroites avec
l’Eglise clandestine de Tchécoslovaquie à l’époque où il était archevêque
de Cracovie, ordonnant secrètement des prêtres pour la Bohême, la Moravie
et la Slovaquie et prenant soin de leur formation théologique. (apic/cipgar)