Un télégramme de protestation envoyé au Conseiller fédéral Arnold Koller
Lausanne, 5mai(APIC) Les membres de "Pax Christi" de Suisse romande, réunis en Assemblée générale le samedi 4 mai à Lausanne, ont adressé un appel
urgent et public au Conseiller fédéral Arnold Koller, chef du Département
fédéral de Justice et Police, en faveur des ressortissants kurdes de Turquie que les autorités de notre pays s’apprètent à renvoyer. Le mouvement
catholique international pour la paix est indigné de ces préparatifs et il
demande instamment à Arnold Koller de renoncer à cette expulsion qui "déshonore notre Confédération au moment de la célébration de son 700e anniversaire".
Depuis leur arrestation survenue alors qu’ils rencontraient les plus
hautes autorités religieuses de notre pays, ces ressortissants kurdes, dont
la demande d’asile a été rejetée, poursuit l’appel de Pax Christi, "sont
traités comme de dangereux criminels. Or ils n’ont commis d’autre ’délit’
que de s’adresser à notre pays en vertu de sa tradition humanitaire".
Un renvoi constituerait un scandale
L’assemblée générale de Pax Christi estime également que "les rapports
sur les violations des droits de l’homme en Turquie sont multiples, mais
l’Administration fédérale s’entête à considérer qu’aucune menace ne pèse
sur les Kurdes. De toutes façons, un renvoi dans les circonstances présentes constituerait un scandale. Si notre pays affrête un avion pour le Kurdistan, ce devrait être pour envoyer nourriture, médicaments et couvertures
pour les centaines de milliers de Kurdes en danger, et non pour remplir cet
avion de familles sans défense".
Pax Christi termine son appel et son télégramme adressés au Conseiller
fédéral Koller en ses termes: "Nous ne pouvons admettre l’opinion selon laquelle notre pays est menacé par la vague de réfugiés. En Afrique et au
Moyen-Orient, des pays pauvres, parfois totalement démunis, accueillent cependant des millions de réfugiés. A court terme, les autorités fédérales
devraient reconsidérer l’ensemble de la politique helvétique en matière de
droit d’asile et chercher une solution aux problèmes existants, non dans de
nouvelles et vaines restrictions, mais dans le cadre d’une politique globale à l’égard des étrangers et de leurs pays de provenance". (apic/com ba)