Paul VI et l’art : colloque à l’UNESCO (310188)
Paris, 31janvier(APIC) C’est sur le thème "Paul VI et l’art" que s’est
tenu la semaine dernière à l’UNESCO à Paris un colloque organisé par l’Institut Paul VI de Brescia et l’Institut catholique de Paris, ou se sont déroulées plusieurs séances de travail.
La rencontre de l’UNESCO était présidée par René Brouillet, ancien ambassadeur de France près le Saint-Siège et vice-président du Comité de soutien du Centre catholique international pour l’UNESCO, avec la participation du cardinal Poupard, président exécutif du Conseil pontifical pour la
culture et président du Secrétariat pour les non-croyants, de Mgr Felici,
nonce apostolique à Paris, de Mgr Frana, observateur permanent du SaintSiège auprès de l’UNESCO, de Mgr Garlato, délégué de la Commission pontificale pour l’art sacré en Italie, et de Mgr Guiberteau, recteur de l’Institut catholique de Paris.
Les nombreux participants ont été accueillis, au nom du Directeur
général, comme hôtes de l’Organisation, par M. Henri Lopes, sous-directeur
général de l’UNESCO pour la culture et la communication. Il a rappelé que
l’UNESCO était la maison de la culture de tous et a abordé la définition de
la culture, insistant sur la liberté que doivent avoir les créateurs dans
les pays industrialisés : il a mis l’accent sur ce que représentait pour
beaucoup, dans les pays en développement, l’art assurant l’attachement du
groupe au sacré. Il a ajouté que la vocation de l’art doit être de restaurer l’homme dans la plénitude de sa dignité : il doit connaître et dépasser
le réel. L’UNESCO se préoccupe que, dans l’art, soit présente la primauté
du spirituel. Il a évoqué les séances du colloque qui ont eu lieu à l’Institut catholique de Paris, ou l’on a insisté sur la liberté de l’artiste, à
laquelle Paul VI était très attaché. On sait que, lors de la conférence
générale de l’UNESCO à Belgrade en 1980, une résolution dans ce sens a été
adoptée. M. Lopes a conclu en affirmant que l’Institut Paul VI et l’UNESCO
avaient un même objectif : l’art comme facteur de compréhension internationale.
Jean Guitton, de l’Académie française, a ensuite longuement évoqué ses
relations si enrichissantes avec le cardinal Montini, puis Paul VI. Il se
rappelle avec émotion les sept messages lancés au monde à l’issue du
Concile vatican II ou il était auditeur laïc, et notamment celui au monde
des artistes, remis à Pierluigi Nervi, l’un des architectes du siège de
l’UNESCO.
Paul VI a réformé au Vatican la présentation des oeuvres d’art, ce qui
s’est notamment traduit par l’édification de la Chapelle Paul VI ou ce
dernier aurait souhaité une quinzième station pour le chemin de croix
représentant la résurrection. Ce grand pape a permis de réconcilier l’art
classique, fait essentiellement d’inspiration, avec l’art moderne insistant
sur la création.
Faire coïncider le sacerdoce avec l’art
Jean Guitton a cité l’intervention précédente de M. Lopes, souligant que
l’art est la communion avec le transcendant et avec les autres hommes. Paul
VI a aimé les artistes infiniment. "Si l’aide des artistes, disait-il,
venait à nous manquer, le ministère sacerdotal en nous manquerait
d’assurance. Il faudrait faire coïncider le sacerdoce avec l’art".
M. Mario Ferrazza, conservateur de la collection d’art religieux contemporain des musées du Vatican, a ensuite présenté cette collection, tandis
que le professeur Fabrizio Clerici a décrit l’action de l’Académie SaintLuc de Rome dont il est le président, rappelant avec force le lien entre
création et art sacré.
L’esthétique et la mère de l’éthique
La séance a été conclue par le cardinal Poupard, dans une allocution
d’une grande richesse d’évocation. Il a rappelé notamment qu’il y a plus de
joie à admirer qu’à critiquer, et que l’esthétique est la mère de l’éthique, ajoutant que les artistes sont les messagers incomparables du spirituel dans le monde moderne et dans la vie liturgique : entre culte et culture, les relations sont étroites. Il a rappelé que s’adressant aux artistes à la fin du Concile le 8 décembre 1965, Paul VI déclarait : "la beauté
comme la vérité, c’est ce qui met la joie au coeur des hommes". (apic/be)