Pas de démocratie authentique à l’Est sans une amélioration (050790)
Rome, 5juillet(APIC) "On peut raisonnablement tenir pour acquis que les
changements intervenus en Europe centrale et de l’Est, Union Soviétique incluse, ont atteint un point de non-retour", a affirmé le cardinal Agostino
Casaroli, secrétaire d’Etat du Vatican, dans un exposé prononcé mardi 3
juillet au Centre italien d’Etudes pour la Réconciliation Internationale à
Rome.
Le cardinal a introduit son propos par cette citation du poète latin Juvénal: "Nous subissons à présent les ravages d’une longue paix. Voilà que
nous assaillent le luxe, la plus cruelle des armes, et les vengeances du
monde que nous avons vaincu". Il voulait souligner - dans un discours de 33
pages - que la tâche la plus urgente, mais non la plus facile, en matière
de coopération, regarde le domaine économique. En effet, la situation économique désastreuse des nations de l’Est menace dangereuseument leur situation sociale et leur assise politique, et donc la marche vers une démocratie authentique. D’où, a-t-il dit, la nécessité de mettre en oeuvre à
l’échelle européenne, mais avec l’apport de l’Amérique du Nord, une sorte
de "plan" permettant de pallier un mal pour poursuivre le bien commun.
Le cardinal Casaroli a aussi observé, se référant au problème des nationalismes, qu’une "unité spirituelle, culturelle et politique" est nécessaire en Europe et doit aller de pair avec une "défense commune contre le péril de mort que court l’âme européenne et occidentale".
Après avoir évoqué les défis de la justice et de la liberté comme "expressions de la dignité inaliénable de l’homme", le cardinal a exprimé
l’avis que notre époque offre "une occasion historique unique de travailler
à ouvrir à l’humanité, en Europe et dans le monde, une ère nouvelle, qui
sera le fruit non de velléités visionnaires, mais d’une action conjointe".
Au moment de conclure, le cardinal secrétaire d’Etat a donné raison à
Juvénal en déclarant qu’une absence de guerre sans contenu positif risque
de se muer en une sorte d’indolence qui caractérise la société de
consommation, ou alors de porter à rechercher dans diverses formes de
violence un exutoire où trouver des prétextes et des motifs d’enclencher de
nouveaux conflits. Cette dernière tentation, a-t-il conclu, ne pourra être
évitée qu’à la condition que soit mis en place un ordre international juste
et que l’on appelle à d’autres luttes qui en valent vraiment la peine:
contre la maladie, la faim, la pauvreté, le sous-développement. Il faudrait
aussi travailler à de nouvelles conquêtes dans le domaine de la science et
de la technologie. (apic/jt/cip/cor)