Parlement européen: vives réactions à (110691)
Milieux religieux et juridique: l’euthanasie c’est tuer l’être humain
Strasbourg, 11juin(APIC) Admettre l’euthanasie c’est tuer la personne humaine, affirment les religieux et religieuses de France et la Confédération
des juristes catholiques de France en réaction à une proposition de la Commission de l’environnement, de la santé publique et de la protection des
consommateurs du Parlement européen. Votée le 25 avril dernier, cette proposition devait être discutée à la session qui a débuté le 10 juin au Parlement européen à Strasbourg; elle a fait l’objet d’un avis de la part de
la Commission juridique, reportant les discussions au plus tôt en juillet.
L’article 8, qui permet l’euthanasie, a provoqué une vive réaction des
milieux religieux et juridique au nom du droit à la vie de tout être humain. Non seulement il ne respecte pas la personne humaine, mais il met en
avant la liberté individuelle du mourant, estiment-ils, une liberté ambivalente et dépendante de l’entourage. Il affirme notamment: "... chaque fois
qu’un malade pleinement conscient demande de manière pressante et continue
qu’il soit mis un terme à une existence qui a perdu pour lui toute dignité
et qu’un collège de médecins constitué à dessein constate l’impossibilité
d’apporter de nouveaux soins spécifiques, cette demande doit être satisfaite sans qu’il soit, de cette façon, porté atteinte au respect de la vie humaine".
Reconnaître la valeur humaine de la souffrance
Dans une déclaration à ce propos, le Bureau des supérieurs majeurs de
France, le Conseil des supérieures majeures de France et les religieuses en
profession de santé (REPSA) affirment qu’"entrer dans la logique de ce texte, c’est tuer deux fois la personne humaine: en déclarant non humaine son
existence souffrante; en posant l’acte d’euthanasie". "Nous ne pouvons être
d’accord avec une telle perspective", ajoutent-ils. Car y adhérer c’est refuser de "reconnaître tout ce qu’il y a d’humain dans ces situations extrêmes, même si elles sont éprouvantes pour les proches".
Invoquant leur expérience auprès des personnes en fin de vie, les religieux et religieuses de France soulignent l’importance de développer les
soins palliatifs et de donner au personnel la formation nécessaire dans ce
domaine. Ils se réjouissent que le Parlement européen "se soucie de défendre le droit des malades en fin de vie, d’éviter l’acharnement thérapeutique et de soutenir l’action combien précieuse des soins palliatifs", convaincus que "nous ne pourrons jamais supprimer entièrement la souffrance".
L’euthanasie, un manquement au respect des droits de l’homme
La Confédération des juristes catholiques relève dans un communiqué que
si l’euthanasie "est exactement à l’opposé du principe fondamental de la
médecine", elle "se heurte à un principe de droit naturel" et signifie tuer
une personne humaine. C’est un grave manquement au respect des droits de
l’homme, inscrit dans toutes les conventions internationales, relève-t-elle.
Au plan juridique, si le Parlement européen adoptait une "recommandation" admettant le principe de l’euthanasie, il "heurterait gravement la
souveraineté des Etats-membres en paraissant vouloir leur forcer la main";
il heurterait de plus "la conscience de très nombreux citoyens de l’Europe
et du monde entier". Enfin, les juristes catholiques relèvent la "présentation tendancieuse de la proposition" et l’abus de langage dont le texte
fait preuve lorsqu’il parle de "dignité perdue": "la souffrance ne supprime
pas la dignité et le mystère qui entoure la mort mérite le plus grand
respect". (apic/snop/cor)