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    Paris: Visite du patriarche latin de Jérusalem (020993)

    Mgr Michel Sabbah: "Je crois aux forces de paix!"

    Paris, 2septembre(APIC) "L’accord de principe entre l’OLP et le gouvernement israélien sur l’option "Gaza-Jericho d’abord" est un pas décisif pour

    une solution au conflit qui oppose les Palestiniens à l’Etat d’Israël", a

    déclaré Mgr Michel sabbah, patriarche latin de Jérusalem au cours d’une

    conférence de presse donnée mercredi à Paris. Mgr Sabbah est actuellement

    en France sur invitation de Mgr Duval, président de la Conférence épiscopale et de Mgr Delaporte, président de la Commission Justice et Paix. Malgré

    les réactions négatives des extrémistes et les questions non-résolues comme

    le statut de Jérusalem et celui des Palestiniens dans un état indépendant,

    Mgr Sabbah s’est montré plutôt optimiste.

    Les réactions venant des extrémistes des deux bords n’inquiètent pas outre mesure Mgr Sabbah: "Cela fait 70 ans que les deux peuples se disputent,

    se haïssent et s’entre-tuent. Notre manière de voir l’autre ne peut être

    que conditionnée". Il s’est déclaré cependant certain que chacun dans les

    deux camps désire la paix, la justice et la sécurité pour les deux peuples.

    Là où les opinions divergent, c’est au niveau des moyens: pour les uns,

    seule la violence peut faire avancer les choses, tandis que pour d’autres,

    c’est le dialogue. Parmi ces derniers on trouve nombre de chrétiens engagés

    dans des groupes de réflexion avec des juifs et/ou des musulmans, et avec

    des membres des mouvements de paix israéliens. Au-delà de leur engagement

    dans le dialogue, les chrétiens palestiniens devront s’efforcer d’aider le

    peuple à construire sur des valeurs évangéliques et non plus sur la haine,

    la violence et la mort. "C’est là le rôle des chrétiens palestiniens, dans

    une double fidélité: à l’Evangile et à leur peuple" a précisé le patriarche

    latin.

    Beaucoup de questions demeurent cependant en suspens. Le statut de Jérusalem n’en est pas une des moindres. Les pourparlers prévoient d’aborder la

    question de Jérusalem et des Territoires Occupés dans deux ans. Mgr Sabbah

    a rappelé que Jérusalem est une ville comparable à aucune autre dans le

    monde. Il faudra donc lui trouver un statut qui tienne compte de sa double

    signification: capitale politique pour deux pays: Israël et la Palestine et

    patrie spirituelle pour les trois religions monothéistes: judaïsme, christianisme et islam. "Le statut de Jérusalem devra répondre aux aspirations

    nationales des peuples juif et palestinien en même temps qu’aux aspirations

    religieuses des trois religions monothéistes" a précisé Mgr Sabbah. Le problème de l’émigration des Palestiniens demeure préoccupant, même si "certains décident maintenant de rester dans les Territoires Occupés". Concernant la nature du futur Etat palestinien - laïcue ou islamiste - et la place qui sera faite aux chrétiens, Mgr Sabbah est resté sur la réserve: "On

    attend l’avenir, c’est le peuple qui décidera de façon démocratique".

    Au risque de se faire taxer d’optimiste, Mgr Sabbah ose affirmer sa confiance dans le nouveau pas qui est en train d’être accompli. "Il faut faire

    confiance même si on n’a pas toutes les garanties. Si on ne suit pas la logique de la paix, on retombera dans celle de la violence. Et ce sera terrible." (apic/ecl/cb)

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