Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Synodalité et démocratie

    Paris: VIIe Congrès international de droit canonique (021090)

    Interview du Père Jean Passicos, spécialiste français du droit canon

    Paris, 2octobre(APIC) Y a-t-il un lien entre démocratie et synodalité?

    "La participation démocratique dans l’Eglise est possible. C’est la démocratie de fondement qui n’existe pas. Mais l’Eglise adapte à son propre mystère, à ses finalités, les idées que le monde lui donne, et elle forme son

    propre modèle". C’est ainsi que le Père Jean Passicos, spécialiste français

    du droit canonique, situe le lien entre démocratie et synodalité, au terme

    du VIIe Congrès international de droit canonique qui s’est tenu à Paris du

    21 au 28 septembre sur le thème:" Nature et exercice de la synodalité". Ce

    colloque, dont le Père Passicos dresse le bilan pour l’agence APIC, a rassemblé quelque 500 canonistes du monde entier.

    P. Passicos: Ce colloque a porté un regard direct sur les réalités synodales d’aujourd’hui. Nous avons eu, par exemple, des comptes rendus très

    concrets sur ce qui se fait aux Etats-Unis, en France, en Espagne, en Italie et en Allemagne, sur les grandes institutions du diocèse en dehors du

    synode lui-même (conseil presbytéral et autres conciles). Il y a eu ensuite

    le côté théorique d’une recherche plus fondamentale, qu’il ne faut pas couper du concret. Notamment la définition de l’idée de collégialité, avec les

    grandes institutions que sont le synode des évêques et le concile; une

    théorisation sur la Conférence épiscopale, avec tous les problèmes que cela

    pose; le presbyterium diocésain. Nous avons donc étudié ces grandes institutions, mais à travers leurs fondements.

    Le lien, peut-être, n’a pas toujours été fait entre la réalité concrète

    et la recherche fondamentale. Sans doute y a-t-il eu, à un moment donné, un

    décalage entre la réflexion sur la collégialité et, par exemple, ce que représente effectivement le synode des évêques. A part cela, on peut dire que

    ce colloque a porté ses fruits. On pourra s’appuyer sur ces réflexions pour

    aller de l’avant.

    APIC: Si l’on prend l’exemple du synode diocésain, le code de droit canon dit peu de choses à ce sujet...

    P. Passicos: Il s’agit d’une loi cadre, qui laisse libre cours au droit

    particulier. Pour le diocèse, le droit particulier a vraiment de beaux

    jours devant lui. Le droit universel donne beaucoup plus un cadre, des

    principes, que des réalisations...

    APIC: Un mot revient souvent, dans l’Eglise, c’est celui de "démocratie". A-t-on évoqué le lien, ou l’absence de lien entre démocratie et synodalité?

    Oui, bien sûr. La participation démocratique dans l’Eglise est possible.

    C’est la démocratie de fondement qui n’existe pas. C’est-à-dire que le fondement de l’autorité ne vient pas de la communauté, même s’il est nécessairement lié à la communauté: il n’est pas une superstructure de la communauté. L’autorité fait partie de la communauté, tout en étant un vis-à-vis.

    Ceci au nom même du fondateur. On peut donc parler de démocratie dans

    l’Eglise, mais beaucoup plus de démocratie de participation que de démocratie de fondement.

    C’est un thème qui a bien évidemment été abordé par le colloque. Parce

    que les mentalités des chrétiens se trouvent affrontées, de fait, à un conflit entre ce à quoi ils sont habitués en politique et ce qu’ils découvrent

    dans l’Eglise. Que l’Eglise soit touchée par les idées politiques, démocratiques, c’est normal. C’est ainsi depuis vingt siècles. Mais l’Eglise adapte à son propre mystère, à ses finalités, les idées que le monde lui donne,

    les modèles qu’on lui donne, et elle forme son propre modèle. C’est pourquoi il y a toujours un hiatus, qui joue souvent en défaveur de l’Eglise,

    parce qu’on la prend comme une société à l’égal des autres. Ce qu’elle

    n’est pas!

    APIC: A l’issue de ce colloque, que peut-on dire du rôle des canonistes?

    P. Passicos: Les canonistes jouent un rôle charnière entre les théologiens et la vie pastorale. Ils doivent pouvoir, d’un côté, mettre en termes

    opérationnels ce que dit la réflexion théologique, de l’autre, ce que la

    vie cherche à travers ses besoins, ses revendications. Au fond, ils sont

    chargés du sens, au niveau de la vie concrète, du maintien du sens. Le

    droit est un passage nécessaire.

    Ce VIIe colloque était organisé par la Faculté de droit canonique de Paris, sur proposition de la "Consociatio Internationalis studii canonici"

    promovendo. Cette dernière vise la promotion de l’étude du droit canonique.

    Créée en 1970, elle a son siège à Rome. Les précédents Congrès ont eu lieu

    à Rome (1970), Milan (1973), Navarre (1976), Fribourg (1980), Ottawa (1984)

    et Munich (1987). (apic/mjh/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus