"Avec celui qui meurt"
Paris, 20mai(APIC/Véronique Benard) Les "Cahiers pour croire
aujourd’hui", un bimensuel édité par les jésuites,consacrent leur numéro du
15 mai 1988 aux derniers moments de la vie. Dans ce numéro, des médecins,
des sociologues, des moralistes s’efforcent de faire le point sur la
position des chrétiens face à la mort et à la souffrance. Ils tentent
d’analyser les tendances actuelles de la société face à la mort et
parallèlement de dénoncer les fausses images de la mort pour montrer que
l’homme dans sa personne est celui qui doit vivre sa mort.
Face au désir de la société de civiliser la mort, par une
ultra-médicalisation et même une demande de mort (euthanasie et
auto-euthanasie), des auteurs tels que le docteur Maurice Abiven, directeur
de l’Unité de soins palliatifs à l’hôpital international de Paris,
racontent leur expérience d’humanisation de la fin de la vie à travers le
développement récent des soins palliatifs. Que peut on faire en effet pour
que "cette dernière période de l’existence ne soit pas pour les malades un
temps de pure attente, vide de toute réalité positive ?".
Pour le Père Verspieren, jésuite et nouvellement nommé au Comité
national d’éthique, la poursuite de cet objectif passe d’abord par un
effort de compréhension de ce que peuvent vivre les malades. Définir leurs
besoins physiques ou moraux permet d’adopter une attitude appropriée :
traitement de la douleur ou abstention thérapeutique, relation
d’accompagnement visant à confirmer le malade dans le sens de sa propre
valeur, aide spirituelle. Le Père Verspieren n’hésite pas non plus à
répondre aux partisans inconditionnels de l’euthanasie.
Ce numéro des Cahiers se veut donc une invitation à participer au
véritable travail de naissance qu’est la mort. "La mort est un ’travail’ de
mise au monde", écrit le Père Bertrand Cassaigne. Un travail douloureux, un
combat, qui nous fait crier autant que notre première naissance. Elle est
le dernier acte de notre liberté, comme notre venue à la vie fut
l’ouverture de son aventure. Tout ce numéro voudrait être une invitation à
participer dans la confiance à ce travail de naissance. (apic/vb/ym)