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    L’inculturation comme thème central (100394)

    Paris: table ronde autour du futur Synode des évêques pour l’Afrique

    Paris, 10mars(APIC) A la veille du Synode des évêques pour l’Afrique, qui

    s’ouvrira le 10 avril à Rome, Kagono-Mboya, pasteur de l’Eglise réformée et

    docteur en théologie, le Père René Luneau, dominicain, sociologue, et le

    Père Nguezy, prêtre catholique zaïrois, ont donné leur point de vue sur

    l’enjeu actuel de l’inculturation en Afrique, au cours d’une table ronde

    organisée à Paris le 9 mars.

    L’abbé Nguezy a tenu à rappeler d’emblée la vitalité de l’Eglise africaine: 488 évêques dont 117 étrangers, toujours plus de vocations de prêtres, de religieux et catéchistes. Un défi reste pourtant posé: l’exode des

    catholiques vers les autres courants religieux, d’où un malaise certain du

    peuple dans l’Eglise catholique.

    A l’appui, une conviction: "le pari majeur de l’inculturation n’est autre que la survie du christianisme sur le continent noir". Le prêtre zaïrois a souligné combien le caractère communautaire des Africains épousait

    la vie chrétienne dans les communautés ecclésiales de base ainsi que leur

    génie propre: chaleur humaine, qualité des rites (chant, danse, rythme),

    tradition d’oralité qui force la Parole. Il a de plus expliqué l’effort important de développement de la pastorale de la santé et de la famille, pastorales soucieuses de respecter le caractère africain. Autre précision donnée par le prêtre: le discours spéculatif théologique importé d’Occident

    tourne, selon lui, à vide et renie l’Africain. "D’où la nécessité de l’inculturation à la lumière de la Bible relue, de la Tradition (non sans s’en

    libérer au besoin) des Eglises chrétiennes africaines indépendantes et de

    l’anthropologie culturelle. Bref, le christianisme africain est en chantier".

    L’inculturation comme contestation

    Le pasteur Kagono-Mbaya a pour sa part davantage insisté sur l’inculturation comme contestation de la domination occidentale, du magistère romain. Les protestants, a-t-il précisé, parlent plus de contextualisation

    (comme c’est le cas pour la théologie féministe) que d’inculturation. "Celle-ci est du reste une réalité inévitable plus qu’un projet". Et le pasteur

    de rappeler l’inculturation de l’Occident païen devenu chrétien. Et ses manifestations successives dont la rupture luthérienne.

    Pour le Père Luneau, le christianisme africain est très ancien, comme

    c’est le cas pour les coptes ou l’Eglise éthiopienne dont, à tort, on néglige l’existence. En conclusion il a attiré l’attention sur la force de

    conviction et de foi de communautés afro-chrétiennes comme celle des "Chrétiens célestes", et demandé de balayer devant notre propre porte. (apicjcn/pr)

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