Paris: Qui a peur des médias? La TV sous le feu de la critique (100292)
Paris, 10 février(APIC) Depuis quelques temps, on assiste en France à ce
que d’aucuns appellent une crise de confiance dans les médias. Une série
d’articles de la presse écrite en témoigne: "Le procès des journalistes",
jeudi, dans "La Croix"; "Faut-il avoir peur des médias" et "Faut-il brûler
les journalistes?", dans "Télérama.
Pour aider à la réflexion, le Centre Sèvres, à Paris, a organisé samedi
8 février une session placée sous le thème "Faut-il avoir peur des médias?
La télévision sous le feu de la critique". le débat était animé par des
journalistes et des professionnels qui n’apparaissent pas sur les écrans
mais qui sont impliqués dans le choix des programmes.
A la télévision comme ailleurs, l’argent est le nerf de la guerre. Etre
chaîne "privée" n’a pas les mêmes résonnances qu’être chaîne "publique".
Les premières, TFI et M6 ne reçoivent rien de l’Etat; "elles dépendent de
la publicité". Quant aux secondes, A2, FR3 et la Sept, elles sont financées
en partie par la taxe appelée "redevance". 40% des revenus d’A2 et 80% de
ceux de FR3 viennent de cette taxe, contre 0% pour TFI et M6. Ceci explique
l’importance et l’emprise de la publicité et ses répercussions sur le contenu des programmes. "Lorsqu’on est une firme commerciale", a relevé Catherine Grandcoin, directrice des Etudes et du ’Marketing’ à TFI, il faut toucher le plus large public possible si on veut survivre par la pub.
Pour Catherine Grandcoin, "la télévision a trois objectifs: distraire et
détendre, informer et faire découvrir, non pas éduquer, mais faire réfléchir et faire grandir". Ce dernier objectif ramène au débat du commercial:
certaines idées ne peuvent pas faire grandir, mais le but du commercial oblige parfois à en passer par là, au moins pour les heures dites "de grande
écoute". Ce qui relègue les programmes intéressants à des heures où on ne
peut plus les regarder. Une des participantes à la session, se faisant
"porte-parole de tous" a regretté que les émissions de qualité passent à
des heures tardives.
Pour les enfants, ce problème se pose avec encore plus d’acuité. "Nous
sommes pris entre la nécessité de faire plaisir aux enfants - la perte
d’audience entraînant la perte de la case horaire - et le désir de faire
des émissions qui apportent quelque chose aux enfants", a expliqué pour sa
part Mireille Chalvon, responsable du service Enfance-Jeunesse à A2 et FR3.
Journaliste à A2, Hervé Brusini a tenté une réponse au débat. "La peur
de l’information est ambiguë. Par contre il faut rester vigilant". "Vigilant par rapport aux discours, aux pressions diverses". Au passage, il a
souligné quelques acquis tels que l’obligation de signaler les images. Il a
regretté qu’il n’y ait pas de réflexion historique et politique qui aide
les journalistes dans leur travail. (apic/ecl/pr)