Paris, 13 octobre (APIC) Federico Mayor, directeur général de l’UNESCO, a
reçu mercredi 12 octobre Edouard Chevardnadze, ministre des Affaires
étrangères de l’URSS. C’est la premiere fois que l’UNESCO accueille un ministre des affaires étrangères de l’URSS. En l’accueillant, Federico Mayor
a évoqué le discours de ce même ministre devant la récente assemblée générale des Nations Unies, ou il avait déclaré que les gouvernements s’étaient
soudain rendu compte que les organisations des Nations Unies étaient le
lieu le plus approprié pour la négociation et la solution des problèmes.
Dans son discours, Edouard Chevardnadze a déclaré que l’UNESCO devait
favoriser une paix établie sur le fondement de la solidarité intellectuelle
et morale de l’humanité, il a évoqué ces dernières années ou le monde et
l’UNESCO avaient été éprouvés par la guerre froide, le rideau de fer, la
scission du monde en blocs et alliances : tout ceci a laissé une empreinte
déformante sur la vie spirituelle de l’humanité.
Le ministre a regretté que trois Etats membres de l’UNESCO aient suspendu leur participation. Il s’est demandé quelles en étaient les causes, il a
déclaré : "Le principe de tolérance qui est le propre de l’UNESCO s’est
trouvé compromis par des positions par trop empreintes d’idéologie".
Parmi les éléments d’une mentalité politique nouvelle, le ministre a
souligné le renoncement à l’imposition par la force des idées, doctrines et
modèles de développement; le pluralisme politique, moral et culturel; la
paix par la raison et non pas par la force; "l’UNESCO n’a pas de tâche plus
importante que celle de contribuer à l’harmonisation des relations internationales et surmonter la séparation spirituelle des peuples. La révolution
scientifique et technique n’a pas eu de prolongement dans la révolution
spirituelle et morale, ce qui a entraîne l’érosion de cette couche fertile
qui sous-tend la civilisation.
Le ministre des affaires étrangères d’URSS a déclaré qu’"il est possible
d’envisager une suite d’événements ou l’humanité même ayant assuré sa survie physique peut se trouver quand même réduite à l’état de barbarie spirituelle. Le temps nous rend l’usage de nombre des mots et notions jadis
rayés du vocabulaire des hommes pour cause d’hostilité et de violence. Le
mot "charité" en est un. C’est à juste titre que l’UNESCO a proposé de lui
assurer une large circulation internationale par le biais des programmes de
l’organisation dont l’objectif est l’amélioration des conditions de vie des
groupes de populations les moins favorisés". (apic/ccic/bd)