Paris : ouverture de la 24ème Conférence générale de l’UNESCO (231087)
Paris, 23octobre(APIC) La 24ème session de la Conférence générale de
l’UNESCO vient de s’ouvrir par une séance solennelle présidée par Nikolai
Todorov, qui avait présidé la 23ème session de Sofia en 1985. Il a fait un
vibrant appel à l’unité pour l’avenir de l’UNESCO: "l’UNESCO continuera et
progressera". Membre de la délégation soviétique et l’un des premiers à intervenir à cette Conférence, le métropolite Youvénali, de l’Eglise orthodoxe russe, a révélé que sur la demande de la délégation soviétique, l’UNESCO
fetera également le millénaire de la christianisation de la Russie en 1988.
Nikolai Todorov a regretté l’émotion, pour ne pas dire l’agitation, qui
se fait actuellement autour de l’élection du Directeur général : cela risque de rejeter dans l’ombre le reste des grandes questions du moment. Il
espère que la Conférence trouve en son sein les forces capables d’imposer
ce dialogue si indispensable entre les pays membres, dialogue qui a toujours su triompher mais qui malheureusement, fait défaut ces derniers temps
puisque l’on a vu s’estomper les principes. Chercher une solution politique
unilatérale ne peut que conduire à la dérive, tant de fois évoquée, par laquelle d’aucuns, ici ou là, confondent politique et politisation. Le privilège de l’UNESCO est que son caractère intergouvernemental se conjugue
harmonieusement avec sa vocation de carrefour intellectuel des hommes, des
sciences et de la culture. Il faut traiter tout cela avec réalisme et toute
la sérénité qui convient, afin que l’UNESCO puisse continuer dans la conjoncture du moment à jouer son role pour promouvoir et renforcer la
coopération intellectuelle internationale multilatérale.
Todorov a réaffirme avec conviction sa foi profonde en l’homme et le potentiel exceptionnel d’adaptation qu’il a en lui par la seule vertu et
l’élan vital qui intègre l’intelligence du coeur et celle de l’esprit. Il a
terminé par l’expression de sa certitude que l’UNESCO saura, au cours de
cette session, rester l’UNESCO.
De son coté, le Directeur Amadou Mahtar M’Bow a souligné qu’ "en conjuguant les ressources de la raison et celles de l’imagination, l’UNESCO
s’est patiemment efforcée de contribuer contre vents et marées, année après
année, à donner corps à cette ’’solidarite intellectuelle et morale de
l’humanité’’ qui constitue la seule base possible d’une paix mondiale durable". Après avoir évoqué les problèmes "économiques, sociaux et politiques" de la société internationale, l’aggravation des déséquilibres entre
"le développement matériel et les exigences éthiques de l’humanité", et les
frustrations de tant d’espoirs qui naissent de trop de refus, M’Bow a affirmé que "le système des Nations Unies, pourtant conçu en vue de conjurer
les périls d’une nouvelle guerre généralisée, et dont la vocation est
d’oeuvrer pour la paix et la prospérite commune, subit des assauts
répétés’’.
Les travaux ont commencé par un débat général sur le programme futur de
l’UNESCO, auquel participeront les chefs des délégations des 158 Etats
membres, ainsi que la délégation du Saint-Siège. Les commissions ont également entamé leurs travaux, notamment celle qui traite d’une réflexion sur
les grands problèmes mondiaux et des études prospectives en fonction du role de l’UNESCO.
Intervention du métropolite orthodoxe russe Youvénali
L’un des premiers à prendre la parole a été le représentant de l’URSS,
le métropolite Youvénali de Kroutitski et Kolomenski, membre du Synode de
l’Eglise orthodoxe russe. Il a évoqué le millénaire en 1988 de la christianisation de la "Rous" (territoire comprenant également une partie de
l’Ukraine et de la Biélorussie) qui, sur proposition de la délégation soviétique, sera également célébré par l’UNESCO. Il a rappelé que l’Eglise
orthodoxe russe avait toujours été attachée à la paix. Les Eglises et
autres religions ne sont pas les seules à agir dans ce sens, mais elles
peuvent largement y contribuer, a-t-il souligné. Les responsables des Eglises y sont intéressés, non pas en tant qu’autorités mais comme serviteurs
de la conscience humaine pour exprimer le désir de paix et souligner la
nécessité d’une éthique. Il a évoqué les liens de l’Eglise orthodoxe russe
avec le Conseil oecuménique des Eglises, qui est un lieu de recherche dans
ce sens.
Le métropolite Youvénali s’est félicité de la déclaration commune faite
avec le Conseil de l’Eglise du Christ aux Etats-Unis sur la question de la
guerre et de la paix. De plus, dans la perspective du deuxième millénaire
du Christ, il a souhaité que l’on introduise davantage la dimension religieuse dans les grands problèmes mondiaux de la paix. L’UNESCO peut contribuer à une éthique entre les Etats, éthique renouvelée et adaptée aux circonstances. Il s’est félicité de l’accord récent sur le désarmement entre
MM. Shultz et Chevardnadzé, et a terminé en faisant appel à tous les hommes
de bonne volonté, citant le verset biblique d’Isaie : "Il exercera son autorité sur les nations et sera l’arbitre de peuples nombreux, qui de leurs
épées forgeront des socs et de leurs lances des faucilles. Les nations ne
lèveront plus l’épée l’une contre l’autre, et l’on ne s’exercera plus à la
guerre". (apic/ccic/be)