Paris : Olivier Messiaen, deuxième lauréat du Prix Paul VI (270389)
Paris, 27mars(APIC) Le célèbre compositeur et organiste français Olivier
Messiaen, âgé de 80 ans, recevra mardi soir 28 mars le Prix International
Paul VI des mains du cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, au
cours d’un concert donné à Notre-Dame. La prestigieuse récompense honore
Messiaen pour son oeuvre tout entière consacrée à la louange de Dieu et à
l’exploration des mystères du Christ. Deux oeuvres de Messiaen, "l’Ascension" et "Et exspecto resurrectionem mortuorum" seront interprétées à cette
occasion par l’orchestre de la Garde Républicaine de Paris sous la baguette
de M. Boutry.
Ce Prix, décerné par l’Institut Paul VI de Brescia, ville natale de Giovanni Battista Montini, qui allait devenir pape sous le nom de Paul VI,
veut honorer une personnalité ou une institution qui ont apporté une contribution importante à la culture d’inspiration religieuse. Il a été attribué la première fois en 1984 au théologien suisse Hans Urs von Balthasar et
c’est le pape Jean Paul II lui-même qui le lui avait remis à Rome.
Olivier Messiaen est né en 1908 à Avignon. Croyant et musicien, la musique et la foi sont pour lui, depuis toujours, indissociables. Précocement
doué, ses parents s’efforcent de lui choisir les meilleurs maîtres. L’un
d’eux sera Jehan de Gibon, qui lui enseigne l’harmonie. Au Conservatoire,
il est l’élève de Jean Gallon, Marcel Dupré, Maurice Emmanuel, Paul Dukas,
etc. Entré dans la classe d’orgue de Marcel Dupré, il en sort avec un prix
d’orgue et devient aussitôt titulaire de l’orgue de l’église de la Ste-Trinité à Paris. C’était en 1930, à l’âge de 22 ans, et il est toujours organiste à la Trinité !
"Presque toutes mes oeuvres ont été destinées à chanter les mystères du
Christ", n’hésite-t-il pas à déclarer. En effet, un même souffle, celui de
la foi, anime sa carrière d’organiste - plus d’un demi-siècle - et son
oeuvre musicale. Grand lecteur, (sa bibliothèque contient quelque 17’000
livres), Olivier Messiaen puise aux meilleures sources : St Thomas d’Aquin,
Romano Guardini, Thomas Merton, et plus récemment Hans Urs von Balthasar.
Il ne craint pas d’affirmer le caractère théologique de sa musique, même
lorsqu’elle n’est pas destinée au culte : "J’ai imposé les vérités de la
foi au concert, mais dans un sens liturgique, à telle enseigne que mes deux
principales oeuvres religieuses, jouées en concert, s’appellent l’une ’les
Trois petites liturgies de la Présence Divine’ et l’autre ’la Tranfiguration de Notre Seigneur Jésus-Christ’; ce n’est pas en vain que j’ai choisi
ces titres : je pensais accomplir un acte liturgique, c’est-à-dire transporter une sorte d’office, une sorte de louange organisée au concert". Professeur au Conservatoire pendant quarante ans, il eut pour élèves Pierre
Boulez, Gilbert Amy, Yannis Xennakis, Stockhausen... (apic/pnd/be)