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    Paris: "Morale où es-tu?" (170194)

    Colloque organisé par l’hebdomadaire "La Vie" et le "Cercle Concordet"

    Paris, 17janvier(APIC) L’hebdomadaire "La Vie" et le "Cercle Concordet"

    ont organisé samedi 15 janvier un colloque intitulée "Quelle place pour la

    morale". Y participaient notamment Bernard Kouchner, ancien ministre de

    l’aide humanitaire, ainsi que le philosophe chrétien Paul Ricoeur.

    Après la séance d’introduction qui a souligné la nouvelle demande d’éthique, tout en s’interrogeant si s’agit d’un effet de mode ou d’un signe de

    transformation durable, huits ateliers ont analysé les problèmes posés dans

    les domaines particuliers .

    L’atelier infomation et communication a rappelé le discrédit dont souffre aujourd’hui les grands médias. Il s’est attaché à en préciser les causes qui sont le non respect de la déontologie professionnelle par les informateurs et les pressions multiples du pouvoir et de l’argent.

    Y-a-til au sein des entreprises une présence possible de l’éthique? Les

    avis sont partagés. D’aucuns affirment qu’un nombre croissant d’entre elles

    la considèrent comme un facteur essentiel de dynamisme et de cohérence.

    D’autres pensent que le monde économique a ses propres lois, peu

    compatibles avec le souci moral. Les conférenciers ont cherché à dépasser

    ces contradictions en ouvrant de nouvelles perspectives.

    Enseigner les religions

    Autre question en débat: "Faut-il aujourd’hui enseigner la morale? Quelle pédagogie mettre en oeuvre pour cela?" Un fort courant se dessine en faveur d’une initiation à la connaisance des grandes religions et des principaux courants de pensée. La composante religieuse des civilisations pourrait être correctement exprimée et irriguer ainsi les enseignements moraux

    qui en découlent.

    Au chapitre des relations internationales, après la désillusion d’un

    nouvel ordre mondial annoncé mais non advenu, les débats ont cherché à établir un diagnostic moral de la société planétaire. Notamment autour de la

    remise en cause de la classe politique après les scandales ou affaires qui

    secouent un grand nombre d’Etats.

    L’éthique est plus que jamais à l’ordre du jour dans le domaine de la

    santé et de la vie. Les médecins sont confrontés quotidiennement à des situations imposant un choix moral clair. Les autorités civiles tentent

    d’établir des lois sur la bioéthique.

    La famille menacée?

    Alors que l’Eglise s’est associée à l’Année internationale de la famille, l’atelier qui lui était consacrée a dégagé de grands traits qui différencient la famille d’hier de celle d’aujourd’hui. Il faut se poser la question de savoir si cette dernière est aussi "aimable" que le suggèrent les

    sociologues et préciser comment elle est assaillie et modifiée par les problèmes qui marquent notre société: chômage, désordre, replis sur soi, etc.

    Avec en suspens cette interrogation: "Quelles valeurs peuvent fonder aujourd’hui une morale familiale?"

    Enfin, fondamental le débat sur la science (ses orientations et utilisations) a soulévé trois points: A quels besoins les démarches scientifiques

    repondent-elles aujourd’hui? Quels sont les principes qui guident la recherche? Les données qui en sont issues créent-elles de nouvelles références morales?

    Autant de débats d’importance sur le sens de la science et de la culture, axés sur la question: Y a-t-il une autoritè morale? Axel Kahn, scientifique, membre de comité national d’éthique a exprimé ses doutes quant à

    l’existence d’une morale universelle au dehors de toute autorité (cf la loi

    naturelle) rappelant l’existence de morales très antinomiques dessinées par

    autant de cultures différentes. Il a par ailleurs mis en parallèle le développement du sens moral et le processus d’humanisation. Quand au jésuite

    Luc Pareydt, il a souligné que l’Eglise, aujourd’hui instance de réflexion

    parmi d’autres dans la société, ose tenir un discours normatif. Et que "son

    autorité procéde d’une blessure: la croix".

    Enfin le philosophe Paul Ricoeur a conclu ses travaux avec des développements brillants, notamment sur "l’autorité autorisée dont la figure emblématique est Moïse. Ou encore l’idée d’autorité comme appel à l’autonomie, évoquant "l’obéissance aimante et la justice qui, à son plus haut niveau, s’élève à l’idée d’un endettement mutuel". (apic/jcn/mp)

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