Paris: Mgr Sarah, évêque de Conakry, hôte du CCFD (040690)
Paris, 4juin(APIC) Récemment libérée du joug de Sékou-Touré, la Guinée
réapprend à vivre. Bien que très minoritaire, l’Eglise catholique joue aujourd’hui un rôle important dans le pays: "L’Eglise catholique, sous le régime de Sékou-Touré, a toujours affirmé avec courage ses convictions", soulignait le 31 mai l’archevêque de Conakry, Mgr Robert Sarah, lors de son
passage en France. Il était l’invité du Comité Catholique contre la Faim et
pour le Développement (CCFD). Le pape Jean Paul II effectuera un voyage
pastoral en Guinée, un pays en pleine mutation, en janvier 1991.
"Après 26 années de collectivisme, la situation du pays n’est pas brillante !", estime Antoine Bramou, responsable de l’Organisation catholique
pour la Promotion humaine (OCPH) à N’Zérékoré, dans le Sud-Ouest du pays.
La Guinée est en effet un paradis agricole, mais le pays est sous-développé
en ce qui regarde l’industrie. "Le travail de l’Eglise consiste notamment à
sensibiliser les gens afin qu’ils aillent dans le sens du vrai développement du pays, en investissant dans le domaine agricole", explique encore
Antoine Bramou. Quant au Père Irénée Sako, responsable du Bureau d’Etude et
d’Animation (BEA) à Conakry, il craint que les événements qui se déroulent
à l’heure actuelle en Côte-d’Ivoire, au Sénégal et plus encore au Libéria
n’aient des répercussions sur la situation de la Guinée.
Dans ce pays musulman à 75%, l’Eglise catholique entretient pourtant
d’excellentes relations avec l’islam. L’intégrisme ne connaît pas l’expansion qu’il peut avoir dans certains autres pays d’Afrique. "Nous avons avec
les musulmans des rapports étroits et des relations très respectueuses",
commente Mgr Sarah.
Engagé dans la préparation du Synode africain, Mgr Sarah souhaite que ce
dernier, "qui n’en est encore qu’au stade embryonnaire, permette de prendre
conscience des problèmes réels de l’Afrique: évangélisation, communication
sociale et développement". Pour lui, les problèmes actuels du continent
africain se résument aux liens à établir "entre autorités, pouvoir, bien
commun, éthique et solidarité. La doctrine sociale de l’Eglise, ajoute-til, pourrait être une lumière susceptible d’éclairer nos gouvernements !".
Il ajoute: "Jusqu’à présent, l’Afrique a tout apporté, aussi bien les véhicules que les idéaux... Il faut que nous arrivions à faire un effort dans
le sens de notre propre culture et de la personnalisation de nos
problèmes". (apic/mjh/cor)