Paris : les plaies du Liban évoquées à la conférence de l’UNESCO (081189)
Paris, 8novembre(APIC) Malgré la situation dramatique dans laquelle se
trouve le Liban, la délégation libanaise est très active au sein de la Conférence générale de l’UNESCO qui déroule actuellement à Paris, notamment
grâce à la participation du Père Antoine Khalife, doyen de la Faculté de
droit de l’Université Saint-Esprit de Kaslik-Byblos et responsable de
l’édition arabe du bulletin du Centre catholique international pour l’UNESCO "Le mois à l’UNESCO"
C’est ainsi qu’à la Commission Education, évoquant la situation de
l’enfance libanaise perturbée dans ce qu’elle a de plus sacré, il a demandé
que l’UNESCO agisse pour assurer "une éducation de base généralisée, dont
profitent les Libanais de toutes les régions et de toutes catégories, et
finalisée, qui prépare les élèves à l’avenir et leur permet de rejoindre
ceux qui apprennent dans le monde entier dans leur acheminement vers le
XXIe siècle".
Situation de l’enseignement catastrophique
Il a ajouté que la situation de l’enseignement au Liban est particulièrement pénible : "Lorsque les établissements scolaires ne font pas défaut,
ils sont soit endommagés ou détruits - partiellement et parfois entièrement
- soit fermés en raison de l’état d’insécurité : les manuels scolaires et
matériels pédagogiques ont des prix exorbitants à la suite d’une dégradation économique qui a gravement affecté la monnaie nationale : le personnel
enseignant se trouve de moins en moins qualifié puisqu’ayant été formé, au
cours des quinze dernières années, dans des conditions que la situation du
pays avait rendues défavorables ou, au mieux, difficiles : les élèves se
rendent souvent à l’école après une nuit passée dans l’abri ou sans savoir
si leur nom resterait sur la liste de l’école ou s’il s’ajouterait à celle
interminable des martyrs".
Des jeunes traumatisés pour leur avenir
Lors du débat sur la jeunesse, le Père Khalife a signalé les efforts
réalisés pour les jeunes du Liban âgés de 15 a 30 ans, complètement traumatisés pour leur avenir, envisageant notamment l’émigration. La communauté
mondiale doit garantir leur existence et assurer leur avenir en mettant à
leur portée une formation solide et globale. Le délégué du Liban s’est félicité de l’étude publiée par l’UNESCO "Quel emploi pour les jeunes ? Vers
des stratégies rénovatrices".
Il a vivement souhaité qu’elle soit éditée en arabe, car c’est un document qui facilite la réintégration des jeunes dans la société. Il s’est réjoui également de l’action envisagée par l’UNESCO pour l’Année Internationale de la Famille. Il a évoqué la création au Liban, dans le cadre de la
Faculté de droit à Byblos et en collaboration avec la communauté des Universités Méditerranéennes (CUM), d’un "Centre de recherche pour le droit de
la famille".
La mission éthique de l’UNESCO
Enfin, lors de la discussion sur la paix, le Père Khalife a souligné la
mission éthique de l’UNESCO, surtout dans les pays victimes de la violence
sous toutes ses formes. Et de poursuivre : "Le convivium libanais, renforcé
par le recoupement géographique et idéologique des habitants, fait que le
Liban, ainsi que l’a si bien exprimé le mois dernier le pape Jean Paul II
dans sa lettre apostolique à tous les évêques de l’Eglise catholique, "est
plus qu’un pays, c’est un message de liberté et un exemple de pluralisme
pour l’Orient comme pour l’Occident".
"La disparition du Liban, ajoute-t-il plus loin, serait sans aucun doute
l’un des grands remords du monde. Sa sauvegarde est l’une des tâches les
plus urgentes et plus nobles que le monde d’aujourd’hui se doit d’assumer".
Le Père Khalife a souhaité que l’UNESCO aide le Liban pour une initiation
des élèves et des étudiants au respect des droits de l’homme ainsi qu’une
formation des formateurs dans ce domaine. On pourrait envisager dans le
pays l’institution d’un centre de recherche sur les modes de solution des
conflits sociaux en vue du respect de la paix et des droits de l’homme.
(apic/ccic/be)