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    Par précaution contre l’épizootie, estime Dalil Boubakeur

    Paris: Les musulmans devraient s’abstenir de sacrifier le mouton cette année

    Paris, 2 mars 2001 (APIC) Les musulmans doivent s’abstenir de sacrifier le mouton lors de la fête de l’Aïd el-Kebir, le 5 mars, en raison de l’épizootie qui menace le cheptel ovin, estime Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris. "Le principe de précaution était un principe islamique, du temps même du Prophète", rappelle-t-il.

    La Sunna ("La règle"), instituée par Mahomet lui-même, indique que le sacrifice rituel doit se faire sur une bête en bonne santé. "Le respect du rite impose donc de s’abstenir en cas de doute sur une possible maladie", affirme le recteur de la Grande Mosquée, dans une interview publiée dans le journal catholique français "La Croix" du 2 mars. Dalil Boubakeur joindra lui-même l’acte à la parole: il s’abstiendra de procéder au sacrifice, lundi, lors de l’Aïd el-Kebir. Selon le ministère français de l’intérieur, 120’000 moutons auraient été tués à l’occasion de cette même fête l’an dernier.

    Concernant les abattages "privés" ou "clandestins", Dalil Boubakeur, qui est également médecin, ne souhaite pas voir cette pratique se répandre. Il met donc ses coreligionnaires en garde contre le risque qu’ils courent au niveau sanitaire. "On sait que la fièvre aphteuse n’est pas aussi dangereuse que la tremblante du mouton, mais il n’est pas prouvé que certains êtres humains en déficit immunologique ne soient pas sensibles au virus", prévient-il. Dans les cas de sécheresse, de pénurie ou d’épidémie, rappelle Dalil Boubakeur, les théologiens et juristes musulmans prescrivent de renoncer au sacrifice en se référant à la sourate 2 du Coran, verset 165: "Ne mettez pas vos vies en danger et faites le bien".

    Y a-t-il une leçon à tirer des drames que connaît aujourd’hui la production agricole? "L’homme traite la nature avec désinvolture, il manque d’amour vis-à-vis de ce berceau que Dieu nous a donné", affirme le recteur de la Grande Mosquée de Paris. "Le respect de la création passe par celui de la vie sous toutes ses formes, humaine, animale ou végétale". (apic/lc/bb)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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